Publié le 30/10/2009 à 16:48 par spiritualite
Les suicidés de France-Télécom, de Renault et d’autres entreprises ont relancé dans les médias une polémique qui dure depuis des années. Une économie axée de plus en plus sur la course au profit, sur la rentabilité maximum exigée par des actionnaires imperméables à toute considération humaine, pousse un nombre croissant de travailleurs, d’employés, de cadres, au suicide. Les conditions du monde du travail sont devenues dans certaines entreprises tellement insupportables et inhumaines, que les suicides se multiplient… Certes, le suicide a toujours existé dans la société et était imputable à des causes diverses : conflits familiaux, séparations, infidélité et trahison, maladie jugée incurable ou encore pour faillite, endettement excessif, déshonneur. Le suicide pour cause professionnelle était plus rare. Il est devenu aujourd’hui le symptôme d’un monde du travail devenu un lieu de conflits et de souffrances. Comment en est-on arrivé là ?
Dans la vie normale chaque être humain considère sa vie comme ce qu’il a de plus précieux. Que ne fait-on pour conserver sa santé afin de prolonger, autant que faire se peut, sa vie ? Alors comment est-il concevable de préférer renoncer à sa vie ? Quel est l’état psychologique de l’être humain qui préfère mourir ? Nous savons, par des témoignages écrits de certains suicidés, que ces derniers étaient au bout de leurs forces physiques et psychologiques. Ils se sentaient seuls, abandonnés, trahis. Cela leur enlevaient tout goût à la vie.
On peut imaginer qu’il faut une motivation forte pour pousser un être humain à se soustraire à la vie.
Le suicide dans le cadre de la vie sociale professionnelle est de toute autre nature. Il a pour cause un management spécifique instauré au niveau le plus élevé de la direction, pour installer un climat constant de « challenge », de rivalité, de compétitions ininterrompues où chaque individu doit « être plus performant que l’autre ». Les perversions n’ont dès lors plus de limites : surveillance constante des performances, notation et contrôle permanent des résultats, rappels à l’ordre à la moindre faute…Là où autrefois on encourageait l’esprit d’équipe selon l’adage « l’union fait la force » , on engage des « coachs » qui incitent chaque individu à prouver aux autres qu’il est le plus fort, qu’il répond le mieux à « l’image de l’entreprise ». Tout maillon faible de l’équipe est vite condamné à être éliminé, parfois malheureusement avec l’approbation des autres participants. Seuls comptent les résultats à atteindre, tel que les décrètent les supérieurs. L’organisation est pyramidale : tout en haut des propriétaires et actionnaires, tout en bas les ouvriers, employés et entre les deux des cadres dont on a fixé en haut lieu les objectifs et qui sont, comme le reste du personnel, soumis aux mêmes pressions constantes. Toute une organisation axée uniquement sur la rentabilité maximum de l’entreprise, des bénéfices censés augmenter de manière spectaculaire pour contenter les actionnaires. Cette forme d’économie « à l’américaine » présente toutes les caractéristiques de l’inhumanité. L’idée de la libre concurrence s’est pervertie à n’être plus qu’une mise en rivalité constante de chaque individualité contre l’autre. Plus de solidarité, plus de sentiments humains, plus de considération d’ordre humain, voilà le triste état conduisant aux multiples souffrances, brimades, échecs, sur le lieu du travail. Comment un être humain saurait-il vivre à la longue dans un milieu où il ne rencontre qu’inhumanité constante ? Devant de telles dérives, point n’est besoin de se poser la question : le suicide, pourquoi ? Toutes les conditions hostiles à l’être humain sont évidentes, reste à savoir comment y remédier…Ce qui est consternant et totalement insupportable, c’est le fait que souvent les victimes d’un tel monde du travail sont, pour une part, parfois aussi responsables de cet état de fait, par leur passivité en face d’injustices, leurs lâchetés lors de confrontations, leur participation volontaire ou involontaire à des agissements inhumains encouragés par leurs supérieurs. Chacun croit pouvoir sauver son propre emploi en participant à ce jeu de massacre…jusqu’au jour où il sera lui-même la victime.
Bien des suicides auraient peut-être pu être évités si des mains secourables s’étaient tendues, des paroles de consolation dites, un geste de solidarité donné, montrer à l’autre qu’il n’est pas seul...Et là se révèle une carence extrêmement grave dans notre société : notre société matérialiste est devenu tellement égoïste, qu’elle ne perçoit plus celui ou celle qui vit à sa portée et qui souffre. Au lieu de vivre « humainement » dans notre société, de partager la souffrance des autres, nous nous contentons de déléguer nos responsabilités à des « spécialistes ». Pour toutes les difficultés d’ordre psychologique, il est plus aisé de faire appel à des psychologues et des psychiatres, que de s’engager dans une solidarité confraternelle. Une société du « chacun pour soi » devient un enfer quand le malheur nous touche.
Certains individus résistent mieux aux agressions évoquées. Ils possèdent une force intérieure capable d’endurer des épreuves, souvent sur une longue durée.
Pour analyser ces forces intérieures capables d’être un antidote au suicide, il faut essayer de comprendre ce qui donne à chaque individualité le prix de sa propre existence. Toute individualité « existe » en fait sous deux visions différentes, mais complémentaires : celle que l’être humain porte sur lui-même et celle que les autres portent sur lui.
La vision personnelle revient à une sorte d’introspection : mes qualités, mes défauts, mes aptitudes, mes espoirs, mes réussites, mes échecs, ma projection sur l’avenir. Selon mon humeur, mon état psychologique, ce bilan sera positif ou négatif. Si je m’enferme dans le négatif absolu, je m’ouvre à la névrose, à la dépression. Le regard que me porte les autres, est tout aussi aléatoire. Il peut être valorisant ou destructeur. Si j’y attache trop d’importance cela peut me remettre debout ou me détruire. Mais comment saurait-on, sur le seul aspect extérieur de mon apparence, porter un jugement valable de ce que je suis en mon fort intérieur ? Finalement je suis seul à pouvoir juger mes capacités d’être humain. Une fois que je suis capable de me distancer du jugement des autres, je me découvre plus fort et plus libre. Si je découvre les richesses véritables qui sont en moi, je ne suis plus tributaire de ceux qui s’arrogent le droit de porter un jugement sur moi, je deviens donc moins vulnérable.
Parfois on peut observer, comme nous l’avons évoqué plus haut, que certains individus résistent mieux aux épreuves de la vie que d’autres. Pourquoi ? S’agit-il « d’inconscients » ? Peut-être. Mais ne pourrait-il s’agir aussi d’êtres « plus conscients » que d’autres et qui trouvent en eux des ressources que d’autres ne possèdent pas ?
Nous savons qu’à toutes les époques de l’histoire humaine, il y a eu des hommes et des femmes qui ont souffert toutes sortes d’épreuves, parfois très dures, mais qui ont continué à vivre, ont « repris le dessus » pour repartir et reprendre espoir : ils avaient en eux une force qui les aidait à surmonter toutes les difficultés de la vie. Cette force intérieure prend diverses formes : foi religieuse, foi en la vie, foi en ses idéaux, foi en la justesse de ses convictions et ses actions, foi en sa propre valeur. En « communiant » à cette force invisible, mais réelle quant à son pouvoir, ils continuaient à « croire à la vie » et à ses possibilités infinies. L’avenir restait ouvert sur des lendemains plus prometteurs et le miracle de la vie signifiait que tout était encore possible. Ils vivaient sous l’idée maîtresse « aide-toi et le ciel t’aidera »…Aujourd’hui, une bonne part de notre société matérialiste et technique a complètement perdu la notion d’âme humaine, de spiritualité, de transcendance. L’être est réduit à son aspect physiologique, matériel, où l’âme humaine n’est perçue que comme une résultante de divers processus chimiques, et où toute idée de transcendance du moi humain a disparu. L’être matérialiste, athée, ne trouve en lui que le néant…Il ne peut trouver aucun point d’appui qui lui permette de se remettre debout. L’individu, dans la société égoïste contemporaine, est complètement isolé. Il n’y trouve pas la solidarité dont il a besoin pour exister, aucune fraternité, aucune empathie… Or, l’appel du vide, pour un être désespéré, abandonné par la société où il vit, l’entraîne à perdre la joie de vivre, le goût d’aimer et de partager, le désir de vivre.
Oui, notre société est très malade et le nombre de suicides croissant chez les individus de tous âges (les jeunes en offrent une image terrifiante), de tous statuts (le suicide n’est pas le triste privilège des pauvres), est un des symptôme d’une crise sociale grave. Si nous voulons rendre la vie plus « vivable », il nous faudra mettre tout en œuvre pour empêcher toutes ces dérives d’inhumanité dans la vie sociale.
La société occidentale ne manque pas de moyens, de richesses de toutes natures. Au début du 20ème siècle, quand les sciences commençaient à célébrer les grandes inventions, les innovations techniques de plus en plus spectaculaires, les savants, les hommes politiques, les économistes promettaient à l’humanité, un avenir meilleur où la misère serait éradiquée et où tous les êtres humains bénéficieraient d’un bonheur parfait. On pensait que le progrès apporterait aussi un humanisme et une morale citoyenne. La réalité nous démontre le contraire. Certes, les sciences continuent à progresser, dans un rythme sans cesse accéléré, mais la morale humaine, la véritable solidarité, semblent régresser sans cesse davantage. Les dérives de notre société génèrent de plus en plus de victimes, engendrant parallèlement aussi de plus en plus de violence.
Nous ne sortiront de cette impasse que si nous redonnons à l’être humain la place qui lui est due : le centre de toute la vie sociale. Toute vie sociale où un seul individu est abandonné, a perdu sa véritable raison d’être. L’individu n’est pas un simple rouage, remplaçable, négligeable, d’une grosse machine : il est une partie constituante et essentielle d’un tout. Sinon la société devient inhumaine et risque de disparaître toute entière.
Publié le 20/09/2009 à 17:19 par spiritualite
Nul n’ignore que l’agriculture bio a pris ces dernières années un essor considérable. Malgré les multiples controverses sur l’utilité et l’apport véritable du bio, provoquées par les tenants des pratiques agricoles actuelles, de plus en plus d’agriculteurs et de consommateurs se « convertissent » au bio. Opportunisme chez certains et conviction pour d’autres ? Peut-être... Le « bio » est-il une simple mode ou répond-t-il à un besoin plus profond ? Une chose est certaine : encore ignoré par le plus grand nombre il n’y a pas si longtemps, le bio est devenu aujourd’hui un slogan publicitaire, une « marque » qui apparemment fait vendre et qui s’affiche hardiment dans les journaux et la télévision. Un vrai phénomène de société. Malgré les critiques des tenants de l’agriculture productiviste qui cherchent à freiner la montée du bio, la nouvelle tendance s’affirme toujours davantage. La demande de produits bio est tellement forte, que la France, qui a pris beaucoup de retard, est obligée d’importer ces produits d’Allemagne, d’Italie ou de pays bien plus lointains tels que l’Australie ou l’Argentine.
Comment en est-on arrivé là ? Tout le monde sait, qu’après la seconde guerre mondiale, l’urgence préconisait de reconstruire au plus vite toutes les structures et remettre toutes les activités économiques en route. Parmi les besoins immédiats, il s’agissait d’assurer rapidement l’approvisionnement en nourriture. Dès lors l’agriculture devenait primordiale. La France, alors un pays essentiellement agricole, était très en retrait quant aux moyens techniques modernes pour assurer une productivité telle que celle obtenue par l’agriculture américaine, par exemple, qui parvenait à des résultats extraordinaires en cultivant des surfaces immenses à l’aide d’un matériel technique sophistiqué et performant. Sur ce plan, l’agriculture européenne, était restée archaïque et de dimension familiale. Dans les années qui suivirent, l’agriculture commença à se transformer radicalement. Nous ne voulons pas retracer l’historique de cette métamorphose et des nombreuses crises qui naquirent de ces changements. Les « grands agriculteurs français » suivirent l’exemple américain, en s’endettant souvent dangereusement. Les « petits » disparurent peu à peu. Une nouvelle optique s’instaura : celle de la rapidité, de la productivité, de la rentabilité. Nous connaissons tous aujourd’hui l’impact des « grands céréaliers » dans la politique agricole. Dans la même perspective productive s’inscrit le débat sur les OGM…
Dans cette course à la productivité, il fallut, dès le début de l’agriculture « plus rentable » préconisée, utiliser une multitude de produits fertilisants, engrais chimiques, désherbants…Cela contribuera à enrichir rapidement les grosses industries chimiques, à imposer des coûts énormes aux agriculteurs et par voie de conséquence aussi aux consommateurs. Mais la conséquence la plus grave fut que peu à peu les sols commencèrent à s’appauvrir et qu’il fallut utiliser de plus en plus de produits chimiques, souvent toxiques, pour arriver à une plus grande production. Le résultat de tout cela, nous commençons à l’observer et à en ressentir les effets désastreux : dégradation progressive des sols, pollutions diverses, effets dévastateurs sur l’environnement telle la pollution des nappes phréatiques…Ces effets se font naturellement aussi ressentir chez les humains : maladies diverses chez les agriculteurs…et chez les consommateurs. Comment pouvons-nous assister au spectacle de « l’agriculteur moderne », obligé d’endosser une tenue de cosmonaute, avec gants et casques protecteurs, pour « traiter » des produits agricoles destinés à être ingéres par le consommateur, sans réaliser que cela est absurde et dangereux ? Et dire qu’il se trouvera toujours quelque scientifique « expert », pour affirmer que ces pratiques ne sont pas nuisibles pour l’homme, du moment que l’on observe le dosage exact des produits utilisés...La triste réalité est là pour nous prouver le contraire : un nombre grandissant d’agriculteurs sont frappés de stérilité, de cancers, d’allergies…et malheureusement, cela se vérifie aussi chez les consommateurs.
Si aujourd’hui, de plus en plus de producteurs et de consommateurs se tournent vers le bio, c’est que, par une prise de conscience de ces problèmes (souvent suite à une maladie liée aux pratiques évoquées), ils savent que l’ingérence d’une nourriture saine est une des conditions pour rester en bonne santé. Quand on assiste alors à des débats à la radio ou à la télévision où les adversaires du bio s’acharnent à vouloir démontrer que le bio n’est ni meilleur en goût, ni meilleur en qualité que les autres produits, on ne peut que hausser les épaules et sourire…tristement. Bien sûr, le goût et la qualité peuvent être les mêmes (encore que..) mais c’est l’absence de pesticides, fongicides etc qui fait la différence. Dans ces discussions, on n’aborde pas souvent la question de savoir si les produits bio sont plus sains pour le consommateur. On préfère laisser planer le doute et représenter le « consommateur bio » comme un doux naïf !!
La montée du mouvement écologiste a renforcé l’essor de l’agriculture biologique. De plus en plus de gens prennent conscience du fait qu’il faut ménager la terre pour assurer la survie de l’homme. L’agriculture bio va dans ce sens.
Dans la mouvance du bio, un autre « label » apparaît de plus en plus : la biodynamie. Un nombre sans cesse croissant d’agriculteurs, de viticulteurs affichent sur leurs annonces ou sur leur site internet, que leurs produits sont issus de l’agriculture bio-dynamique. Peu de consommateurs, en France, connaissent ce mode d’agriculture et encore moins son origine. On peut, parfois, au gré d’une rencontre, d’un débat, d’une lecture, entendre la réflexion : la biodynamie c’est encore mieux que le simple bio…Cette affirmation devient alors d’autant plus mystérieuse et problématique, si on ignore ce qu’est la biodynamie et qui en est « l’inventeur ». Une petite recherche sur internet nous révèle que l’initiateur de la biodynamie est un certain Rudolf Steiner. Que le grand public, en France, l’ignore, est un peu normal, car peu de gens connaissent cet homme qui a vécu de 1861 à 1925, qui était à la fois un écrivain, philosophe, scientifique et visionnaire qui a laissé une œuvre immense. Il est l’initiateur de l’Anthroposophie aussi appelée la science spirituelle. S’il est quelque peu curieux que ce nom soit aujourd’hui souvent « oublié », c’est essentiellement du fait que notre société actuelle est devenue tellement matérialiste, qu’elle « évacue » systématiquement tout ce qui peut, de près ou de loin, faire appel à une spiritualité.
La biodynamie a été initiée par Rudolf Steiner dès 1924. Aujourd’hui on pratique de plus en plus les méthodes de cultures qu’il a proposées aux agriculteurs et curieusement, on évoque très rarement son nom.
L’agriculture bio-dynamique ou biodynamie est un système de production agricole dont les bases ont été données par Rudolf Steiner courant juin 1924, à Koberwitz en Silésie. A l’époque déjà, un grand nombre d’agriculteurs étaient préoccupés par l’état de dégénérescence dans lequel se trouvaient certaines productions agricoles, notamment les céréales, les pommes de terre ainsi que les fruits et légumes. L’agriculture allemande avait déjà, après la première guerre mondiale, fait appel aux engrais chimiques, pour essayer de fertiliser les sols. A l’époque, les industries chimiques allemandes avaient fait des recherches dans ce sens. Il s’avéra rapidement, qu’après quelques années, les résultats furent désastreux. Une délégation d’agriculteurs allemands demanda alors conseil à Rudolf Steiner, qui tint par la suite une série de 8 conférences pour aborder les différents problèmes agricoles et proposer des solutions possibles. Ces conférences, qui appartiennent aujourd’hui au domaine public, ont été traduites entre-temps dans toutes les langues courantes et sont accessibles à tous. Elles établissent les bases de la méthode de culture dite « biodynamique ».
Un des principes de base de cette méthode de culture est la gestion raisonnée et autosuffisante. Qu’entend-t-on par cette expression ? Une première étape consiste à chercher et à trouver un juste équilibre entre la surface de terre cultivée, aussi de prairies, et les animaux de la ferme, de sorte que le fourrage et la fumure soient assurés en autarcie et les achats extérieurs éventuels soient réduits à un minimum. On évitera ainsi l’endettement outrancier de l’agriculteur. Il s’agit là, d’une pratique qui s’efforce de rester en harmonie avec la nature. A partir du constat que la terre était affaiblie, vieille et malade à la suite de nombreux traitements chimiques et diverses formes de pollution, Rudolf Steiner a préconisé l’utilisation de diverses préparations spécifiques d’origine minérale, végétale, animale, dont il a indiqué exactement le dosage, pour arriver à revivifier, à « biodynamiser » les sols. Il a ainsi induit des pratiques d’agriculture où le sol peut être régénéré et redevenir réceptif aux nombreuses influences subtiles de la terre et en tenant compte des influences cosmiques sur l’évolution des plantes.
Les agriculteurs habitués aux méthodes biodynamiques proposées par Rudolf Steiner, connaissent par leur expérience, l’efficacité de cette méthode sur les plantes et savent que les « préparations » employées à des doses infinitésimales, « activent, dynamisent » le compost, véritable « levure du sol », compost qui réactive à son tour le sol. Ces préparations sont aussi une merveilleuse « médecine douce » contre les maladies cryptogamiques. Les périodes de travaux et d’emploi des préparations, de récolte aussi, sont choisies en fonction des cycles lunaires, de la position des constellations et même du moment de la journée. Ces méthodes d’agriculture ont été appliquées et pratiquées par beaucoup d’agriculteurs –surtout en Allemagne et en Suisse dès 1924. Cette pérennité ne peut certainement pas être attribuée à la seule fidélité à la mémoire de Rudolf Steiner ! Les agriculteurs sont connus pour avoir les pieds sur terre et si l’agriculture bio-dynamique n’était pas valable, on peut gager qu’elle serait depuis longtemps morte de sa belle mort ! Au contraire, les méthodes initiées par Rudolf Steiner ont pu, au fil du temps, être encore affinées et si possible perfectionnées. De multiples études « en parallèle » ont été effectuées, notamment en Allemagne, pour faire des études comparatives entre les cultures : intensive - bio et - bio-dynamique. Le résultat montre clairement l’efficacité et la rentabilité (à long terme), de la culture biodynamique.
Des générations d’agriculteurs et de viticulteurs ont pratiqué depuis 1924, l’agriculture biodynamique. Certains qui ont commencé très tôt, ont transmis leur savoir et leur expérience à leurs descendants. Ces pionniers parmi la population agricole ont compris depuis très longtemps que les méthodes proposées par Rudolf Steiner sont réalistes dans le bon sens de terme, car elles tiennent compte de « toute la réalité » qui est de caractère matériel et spirituel, qui est celle de la terre et aussi celle de l‘être humain. Beaucoup de ces agriculteurs ne connaissent guère l’œuvre entière de cet homme génial et bienfaiteur de l’humanité. Ils appliquent tout simplement ses « recettes et méthodes »…. et constatent les bons résultats. Rudolf Steiner en serait très content, car son enseignement n’était nullement réservé à une minorité, mais devait être une incitation à s’ouvrir à de nouvelles connaissances, pour trouver les bonnes solutions. Depuis longtemps déjà, les agriculteurs pratiquant les méthodes biodynamiques, utilisent le calendrier des agriculteurs (appelé en Allemagne « le calendrier Thun », du nom de la personne qui a calculé, selon les indications de R. Steiner, se basant sur la configuration astronomique, les dates et heures propices au travail d’ensemencement, de récolte etc..). Et apparemment cela fonctionne assez bien !
Rudolf Steiner était d’une modestie exemplaire et avait souligné, à maintes reprises, qu’il n’avait pas « inventé » la biodynamie, mais seulement repris les méthodes que les agriculteurs d’un temps très reculé, avaient pratiquées intuitivement. A une époque de développement de l’humanité, les hommes, à défaut d’être « intelligents » dans l’acceptation actuelle du terme, avaient le privilège d’être guidés, inconsciemment, par des forces spirituelles qui leur inspiraient ce qu’il fallait faire pour « cultiver » la terre, mère nourricière, donc rendre à la terre « le bon culte » afin qu’elle prodigue à l’être humain ses bienfaits. Les hommes de cette époque savaient intuitivement qu’il fallait prendre soin de la « mère terre » qui sait nous combler de ses fruits, notre nourriture, si nous la respectons.
Il est très regrettable que Rudolf Steiner soit encore tellement méconnu de nos jours. Son enseignement est plus actuel que jamais et répond parfaitement aux interrogations et aux problèmes de notre temps. Puisse la biodynamie devenir une voie d’accès à l’œuvre de ce grand homme, pour qu’un nombre sans cesse croissant d’êtres humains puisse y trouver les réponses à leurs questions et une force nouvelle face aux difficultés multiples auxquelles nous sommes quotidiennement confrontées.
Publié le 15/09/2009 à 12:30 par spiritualite
Nous sommes journellement confrontés à des évènements de notre temps qui nous déconcertent. Les informations relayées par les médias nous submergent continuellement de nouvelles variées, contradictoires, souvent déconcertantes. Jamais dans l’histoire des hommes, nous n’avons été à tel point « renseignés », à toute heure du jour et de la nuit. Se pose alors la question : ces informations nous sont-elles toujours d’une grande utilité ?…Pour répondre affirmativement, il faudrait savoir si ces dernières reflètent vraiment la vérité quant aux évènements présentés. Or nous savons tous, que le journalisme est rarement une instance neutre et objective : chaque journaliste porte en lui une dualité : d’une part sa subjectivité, sa personnalité propre, avec ses convictions, ses passions, sa culture originelle et d’autre part l’objectivité qu’il doit à la déontologie attachée à cette profession. Le degré d’intégrité de chaque journaliste sera donc dépendant de son choix : rapporter fidèlement ce qu’il aura perçu et analysé ou entraver l’objectivité en influençant, en déformant la réalité. A ce niveau, tout resterait donc une affaire de conscience, d’intégrité morale personnelle. Mais la situation réelle se complique encore du fait que le journalisme est une profession ce qui rend le journaliste tributaire d’un « patron » qui lui paie un salaire qui lui permette de vivre…Dès lors, il semble évident, que l’idéal de liberté, d’objectivité attaché à cette profession devient purement hypothétique. Un journaliste saura-t-il rester indépendant à partir du moment où il est employé par un patron ou une institution qui doit défendre des intérêts économiques, politiques, culturels. A observer les « officiants de l’information » sous cet angle, on comprendra aisément que les nouvelles qui nous assaillissent, ne peuvent pas toujours être prises comme le reflet objectif de la réalité. Si nous nous ouvrons à des informations, sans être vigilants et d’esprit critique, nous risquons toujours d’être influencés…et manipulés.
Comment « résister » à ces manipulations ? Nous évoquions la vigilance. Comment les individus que nous sommes, peuvent-ils rester vigilants ? Il existe une méthode relativement facile : observer et écouter ce qui nous est présenté, juger si le tout est cohérent, logique…et tout simplement exercer son « bon sens »…Le « bon sens » était, autrefois, une qualité innée chez un grand nombre d’individus, et ce même dans une population moins instruite et bien moins renseignée qu’aujourd’hui. Bien des « anciens » ne pourraient s’empêcher de rire, en écoutant et regardant certaines informations actuelles. Que de fois n’assistons-nous à des « reportages » où, vers la fin, le commentateur affirme juste le contraire de ce qui avait été proclamé au départ ! Mais beaucoup de téléspectateurs, submergés par des flots successifs d’informations présentées, deviennent insensibles aux contradictions. S’agit-il là de simples maladresses des présentateurs ou d’une technique plus subtile pour embrouiller les esprits ? Toujours est-il que beaucoup de personnes ne parviennent pas à prendre le recul nécessaire pour faire « un tri critique » et encore moins vérifier la cohérence de ce qui est présenté.
Nous avons actuellement un bon exemple d’information et de possibilité de manipulation médiatique : le virus de la grippe A ! Que d’informations contradictoires, illogiques, n’avons-nous vu et entendu à ce sujet ? Prenons cet exemple pour encourager un grand nombre d’individus, à titre de « bon exercice » à appliquer l’attitude raisonnable, qui est celle de la vigilance et du bon sens.
Il y a eu, de tous temps, des vagues de grippe avec son lot de malades et parfois de morts : on n’en a guère parlé dans les journaux (hormis la grippe espagnole de sinistre mémoire). Pourquoi ce « battage » aujourd’hui ? Pour inquiéter les gens et les inciter à se faire vacciner ? Quels sont les intérêts financiers en jeu ? On sait que les industries pharmaceutiques, dont beaucoup de brevets sont aujourd’hui du domaine public, trouvent dans la fabrication de ces vaccins une manne opportune et nécessaire… Comment interpréter l’attitude des responsables de la « santé » au plus haut niveau, qui garantissent que les vaccins seront prêts sous peu et que les autorisations seraient alors délivrées immédiatement… alors que des spécialistes avisés affirment qu’il faut aux laboratoires des mois…voire des années pour démontrer l’efficacité et la non-toxicité d’un nouveau produit mis sur le marché !!!
Voilà un exemple parmi d’autres (et il suffit de bien observer ces « signes de notre temps »), qui démontre bien, qu’aujourd’hui, pour sauvegarder sa propre indépendance, son bon sens, son intelligence, sa liberté, il faut prendre du recul par rapport à une société dont les responsables nous parlent très souvent de liberté, mais qui, dans les actes, cherchent à la soustraire, peu à peu, à l’individu.
Encore jamais, dans l’histoire des hommes, nos sociétés n’ont été confrontées à autant de problèmes différents. Nous vivons un tournant décisif où des intérêts internationaux, nationaux, de groupes, d’individus s’affrontent violemment. Les mentalités, les consciences évoluent, les conservatismes, les archaïsmes se heurtent aux intérêts et aux attitudes liées à une vision matérialiste d’un monde où souvent un dogmatisme scientifique a pris la place des dogmatismes religieux. Beaucoup d’individus perdent leurs repères, d’autant plus que notre société occidentale s’est engagée dans une voie qui laisse de plus en plus d’êtres humains au bord de la route…Le chômage, des conditions de travail inhumaines poussent un nombre croissant d’individus à sombrer dans la déprime, parfois les poussent au suicide.
Nous vivons dans un monde anxiogène. Comment en sortir ? En réagissant. Si nous restons hypnotisés, paralysés par la peur, nous perdons rapidement notre capacité la plus précieuse, la plus utile : celle de réfléchir, celle de réagir. Le monde sera toujours ce que nous en ferons. Il ne s’agit pas d’une fatalité. Ce sont souvent les difficultés qui amènent des changements de comportement et nous obligent de sortir de notre léthargie pour reprendre notre vie en main. Si nous laissons ce soin à d’autres, plus ambitieux, plus audacieux, ce sont eux qui dessineront le monde à notre place, selon leurs visions et leurs intérêts. Voilà ce qui se passe, si nous restons des acteurs passifs de notre propre vie, de notre destinée. L’autre attitude consiste à avoir confiance en notre valeur humaine, qui ne se mesure pas seulement selon notre compte en banque, mais en nos capacités de courage, d’entreprise, de création. L’homme est un être « debout », capable de comprendre, de raisonner, capable de bon sens. Pour se « remettre en route », il doit reprendre confiance en sa capacité « d’être pensant ». Tout le système actuel voudrait nous pousser à accepter que d’autres pensent à notre place. Encore jamais, de par le passé, nous n’avons eu autant « d’experts » dans diverses disciplines ! Dans combien de débats, à la télévision ou à la radio, n’avons-nous pu observer que, même pour des questions toutes banales, on demande l’avis d’un « expert », jugé seul habilité à répondre…. Infantilisation ou ignorance supposée quant à la possibilité de jugement du « grand public » ?
Pour faire face aux défis d’aujourd’hui, il nous faut réapprendre à exercer notre capacité de jugement, de réflexion, de bon sens, pour comprendre ce qui se passe dans notre société, notre pays, notre monde. Il nous faut décrypter les signes de notre temps, pour réagir, remettre l’être humain au centre des activités sociales, économiques, culturelles. Pour changer notre société, il faut impérativement commencer par nous changer nous-mêmes. Les signes de notre temps s’adressent à chacun d’entre nous.
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Publié le 30/08/2009 à 11:28 par spiritualite
Il ne se passe de jour, sans que par la presse, la radio, la télévision, on ne parle du corps. Ce culte du corps s’exprime sous diverses formes : les publicités multiples et répétitives mettant en scène la valeur de tel ou tel produit cosmétique, nutritif, vestimentaire susceptible de rendre notre corps beau, de le garder jeune, de le rendre séduisant. Aujourd’hui, tout le monde se doit d’être « jeune et beau » : aussi ne lésine-t-on pas sur les moyens pour rendre le message publicitaire aussi efficace et direct que possible, en présentant, dans des séquences courtes mais bien ciblées, des jeunes personnes pour illustrer l’efficacité des produits à vendre. Un analyse objective de telles publicités révèle leur caractère basique qui frise souvent le ridicule : on peut en effet se demander si les jeunes personnes présentées ne seraient pas tout aussi belles, de manière naturelle, sans devoir se servir des produits dont on fait la publicité ! L’attribut de la jeunesse n’est-il d’être « naturellement » beau ? Quand on est jeune, on est, à quelques rares exceptions, toujours beau. C’est là, justement, le privilège de la jeunesse ! Nul produit cosmétique, à ce jour, n’est parvenu à rendre à un visage disgracieux des proportions parfaites ! Dans cette perspective, il faudrait recourir à la chirurgie esthétique ! Mais nous savons tous que la publicité est un savoir-faire qui n’hésite devant aucun stratagème, ne recule devant aucun mensonge pour être efficace, sa fonction première étant de « faire vendre ». Etre « beau et séduisant » pour s’affirmer et pour séduire, est une aspiration humaine bien légitime. Il suffit donc de convaincre que, par un « coup de baguette magique », en l’occurrence l’utilisation du produit proposé à l’achat, on peut facilement arriver à réaliser ce rêve qui sommeille en toute âme humaine... Et si le produit annoncé dans la publicité est onéreux, peu importe, puisque plus rien n’a de prix quand il s’agit de son propre corps. Aussi le sublime mannequin présenté et censé illustrer l’efficacité du produit présenté ajoute-t-il souvent, d’une voix suave, la remarque que tout le monde connaît : « parce que je le vaux bien !... »
Nous trouvons, dans un tout autre registre, la célébration du corps, dans tous les évènements sportifs. Des athlètes beaux, forts, performants tiennent des millions de gens en haleine. Journellement des évènements sportifs de tous genres sont relatés à longueur de journée à la radio, présentés à la télévision. Dans certaines disciplines les vedettes que sont devenues aujourd’hui les champions sportifs sont devenues de véritables « produits commerciaux » susceptibles d’être « achetés » à coups de millions d’euros ! Nous sommes bien loin des compétitions sportives tenues dans la Grèce antique lors des jeux olympiques où les vainqueurs étaient gratifiés d’une couronne éphémère posée sur leur tête ! Nous ne ferons certes pas ici, le procès du sport qui est une discipline d’effort et de dépassement. Mais là encore, si nous sommes capables d’un jugement vraiment raisonné et objectif, nous pourrons mesurer les dérives issues d’une vision exclusivement matérialiste des êtres et des évènements.
Beaucoup d’enthousiastes du sport proclament leur certitude quant à la valeur exemplaire et unique de cette discipline, en reprenant à leur compte une vieille maxime latine, « un esprit sain dans un corps sain », en faisant valoir que pour « être bien dans sa tête, il faut commencer par être bien dans son corps ». A partir de là, on pense que le culte du corps est un préalable pour arriver à un bon équilibre mental. Et il est indéniable que pratiquer un sport est très bénéfique à tout être humain. Cette vision des choses a cependant ses limites. La chronique des faits divers démontre, hélas, que pratiquer un sport ou aimer le sport n’est point une barrière à la violence ou à la criminalité. Le sport, à lui seul, ne suffit pas à équilibrer un être humain. Si, aujourd’hui le pouvoir public est obligé, lors des matchs, d’envoyer des légions d’agents de l’ordre pour pallier à des affrontements violents, on ne saurait affirmer que « le sport adoucit les mœurs » ! Et cette constatation vaut aussi bien pour les sportifs eux-mêmes, que pour les spectateurs. Il semble donc que cultiver son corps est, certes, bénéfique, mais ne suffit pas toujours à assurer l’équilibre physique et mental de l’individu. La maxime latine serait-elle erronée ? Ou est-elle mal comprise ?
Revenons à cette maxime pour en analyser la teneur véritable. « Mens sana in corpore sano » (traduit par « esprit sain – ou parfois par âme saine - dans un corps sain) est une maxime du poète romain Juvénal qui a vécu de 90 à 127 de notre ère. Si nous replaçons cependant la maxime dans son véritable contexte, elle prend un autre sens : en effet, Juvénal dit en substance : orandum est, ut sit mens sana in corpore sano, ce qui signifie : il faut prier afin d’obtenir un esprit sain dans un corps sain. On remarquera donc que ces vers ont été, aujourd’hui, détournés de leur sens pour signifier que la santé du corps est la condition première de la santé de l’esprit ! Voilà un symptôme de la vision déformée que l’on a souvent aujourd’hui, de ce que voulait dire Juvénal. On aura aussi remarqué, par une lecture plus attentive, que l’on emploie aujourd’hui d’une manière indifférenciée les notions « d’esprit » et « d’âme ». Cela vient du fait qu’au cours des siècles, à mesure que la société a glissé de plus en plus vers une vision matérialiste des êtres et des évènements, les notions d’esprit et d’âme n’ont plus été comprises dans leur sens véritable, mais uniquement comme des « sous-produits » de la matière, c.à d. du corps physique. Ce dernier est, sous cette optique, la seule réalité. C’est lui qui permet à l’être humain d’exister, de ressentir, de penser : il devient dès lors primordial d’y attacher la plus grande importance. La réalité nous démontrant aussi le fait, que le corps s’inscrit dans le temps, vu que tout être humain naît et meurt, il devient évident que la vie est essentielle et par là, inestimable. Il convient donc de tout mettre en œuvre pour la préserver. Le vieillissement corporel étant le signe extérieur de la limite imposée à la vie physique, il convient de retarder si possible à long terme, voire de vaincre la mort, d’éradiquer les maladies et ses conséquences funestes. La seule perspective d’espoir, dans la vision matérialiste, se résume finalement à « croire » aux progrès de la science et à l’accès à l’éternelle jeunesse, à une sorte d’immortalité terrestre, grâce aux progrès incessants de la science. Un rêve porté par biens des générations d’êtres humains. Mais l’être humain se réduit-il à son corps physique ? Pour la majorité du monde scientifique, la réponse est claire et sans appel : oui ! Et cela est tout à fait logique dans une société qui est l’expression d’un « Saint-Thomas » qui ne « croit que ce qu’il voit, ce qu’il peut toucher ». Le domaine de la science actuelle est celui du tangible qui peut être l’objet de l’étude et de l’expérimentation directe. Cette vision des choses répond à celle définie en son temps par E. Kant. Il n’y a de réalité scientifique que celle attachée au monde matériel. Tout le reste est subjectif, non scientifique, du domaine de la croyance, de la foi, de la superstition. On aura compris que toute forme de vision non matérialiste, donc spirituelle, est exclue. Chez les savants de « l’ère des Lumières », la spiritualité n’était pas absente des sciences. Leur curiosité s’attachait encore, dans leur esprit, à « découvrir les mystères que Dieu avait inscrits dans les arcanes de la nature ». Il était impensable que la multiplicité et la complexité des « miracles de la nature » n’aient comme origine qu’un « anonyme big bang » ! Ce n’est que par la suite, que les scientifiques ont glissé peu à peu dans un nouveau dogmatisme qui a pris le relais du dogmatisme religieux : il n’y a de réalité que le monde matériel et de science que celle fondée sur ce dernier.
Ce faisant, une grande partie de la société occidentale a glissé dans une perception fluctuante et sans cesse paradoxale des êtres et des évènements, perceptions tissées de constantes contradictions. En effet, la vie quotidienne nous démontre à souhait, que l’être humain est extrêmement complexe : le réduire à sa seule dimension physique, fonctionnelle, c’est en même temps lui enlever son caractère essentiel d’individualité. La science, telle qu’elle est aujourd’hui, réduit l’être humain à n’être qu’une variante d’une catégorie définie. Elle le nivelle à n’être qu’une unité parmi d’autres qui lui ressemblent. La science ne peut démontrer la valeur unique, individuelle et irremplaçable de chaque être humain. Pour elle, cela ne peut se concevoir que sous une vision « non-scientifique », du domaine de l’affectif ou de la simple croyance.
Une conséquence de cette vision, est qu’elle ne peut que « formater l’individu » en le réduisant à un aspect égalitaire. Tous les êtres humains présentent les mêmes « composants » sous des aspects physiques variés. Comment comprendre dès lors que « l’être génial » a des attributs différents du commun des mortels ? La science ne pourra répondre à cette question qu’en disant, par ex. que ces individus ont un cerveau plus développé que les autres…Or, cette réponse est-elle vraiment valable…ou relative ? Le véritable mystère ne réside-t-il pas dans ce qui n’est pas directement tangible ?
Le grand penseur et visionnaire Rudolf Steiner s’est penché durant toute sa vie sur ces problèmes et a exposé les dangers et limites de la vision matérialiste des êtres et des évènements. En étudiant ses nombreuses conférences qui sont aujourd’hui traduites et accessibles à tous, on mesure l’urgence qu’il y a, de découvrir cette œuvre immense. Il expose clairement, que, pour comprendre l’homme, il faut le percevoir non seulement avec un corps physique, mais essentiellement avec une âme et un esprit. C’est par sa pensée que l’être humain peut élargir son horizon de connaissance, comprendre la nature de la pensée et sa propre nature, accéder à la réponse du « connais-toi toi-même » qui était inscrit sur les temples grecs. Cette ouverture à l’esprit sera une nourriture pour sa vie intérieure, son âme, et lui permettra d’évoluer dans sa perception, sa compréhension du sens de sa vie, de sa vocation humaine, de son devenir. Le grand mérite de Rudolf Steiner fut d’inaugurer, pour combler les lacunes et les vides laissés par une science exclusivement matérialiste, une « science spirituelle » aussi rigoureuse que la science officielle mais proposant une vision complète des êtres et des évènements.
Le monde chaotique dans lequel nous vivons, est, dans une large mesure, le résultat de la vision matérialiste et unilatérale, avec toutes les conséquences que représentent les affrontements, les guerre directes ou déguisées, la déshumanisation. Les archaïsmes culturels, le fanatisme religieux, la course au profit, la concurrence sauvage, le non-respect de la nature, de la terre dont nous sommes dépendants, sont autant de risques pour les êtres humains. Une société d’humains focalisés sur leur seul aspect physique et bien-être matériel ne répond pas à la véritable vocation humaine, si elle oublie de cultiver avant tout leur esprit et leur âme, qui définissent leur originalité, leur individualité. Le jour où les médias seront au service de cette tâche et où les êtres humains attacheront une égale importance à apporter un soin particulier à cultiver et entretenir leur esprit et leur âme, la société humaine aura franchi un pas de géant et le monde aura changé radicalement. Une pure utopie, un rêve ? Tout dépend en définitif de chacun de nous….
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Publié le 06/07/2009 à 11:32 par spiritualite
Le film HOME de Yann Arthus-Bertrand, traitant des problèmes écologiques de notre temps a eu un succès considérable, à telle enseigne que certains hommes politiques ont, après le résultat des élections européennes, fait un procès d’intention aux diffuseurs du film supposés avoir influencé les électeurs…Or, il est indéniable, que la date de diffusion du film avait été fixée à une date où l’on ignorait encore la date des élections européennes !
N’est-il pas bien plus intéressant de poser la question : pourquoi ce film a-t-il connu un tel retentissement dans le public ? On sait que la projection programmée sur une grande chaîne française, mais aussi dans les cinémas, en plein air dans des espaces publics, ainsi que dans différentes grandes villes du monde, fut vraiment un évènement exceptionnel. Ce film fut partout suivi de discussions, de débats, sur les problèmes d’environnement, les dégâts causés à la terre, aux plantes, aux animaux, aux hommes... Yann Arthus-Bertrand fut sollicité un peu partout ainsi que tous les ténors et militants de l’écologie.
Alors pourquoi ce film a-t-il recueilli ce succès ? Une des raisons immédiates est que, comme cinéaste de films documentaires, Yann Arthus-Bertrand s’est fait connaître, à travers la télévision, par de nombreuses productions de qualité, telle la série des documentaires magnifiques intitulés « vu du ciel ». Il est aussi mondialement connu comme photographe.
Soutenu par un groupe d’amis et de sponsors, l’idée de diffuser sur une large échelle médiatique le film HOME à une date annoncée comme un évènement exceptionnel, suscita la curiosité et l’intérêt tant des spécialistes de l’environnement que du grand public.
Le titre du film HOME contribua certainement à éveiller l’inconscient de beaucoup de gens sur une réalité profonde : le besoin de sécurité…En effet le terme HOME, dans un monde largement influencé par la langue anglaise, évoque tout un imaginaire dans l’esprit humain. HOME évoque à la fois le foyer domestique, le logis, la maison, le pays et même la patrie. Que de douceur, de nostalgie dans des évocations telles « home, my sweet home ! » ou encore « my home is my castle ! ». Il est certain que le film aurait moins éveillé l’attention du public avec un titre comme MON CHEZ-MOI ! Ou encore MA DEMEURE ! Il existe dans la langue allemande un terme semblable, évoquant quelque peu une telle nostalgie et un tel besoin de douceur sécuritaire : HEIMAT intraduisible dans sa totalité évocatrice, en français ! Le choix de HOME, vu la vocation mondiale du film, était donc vraiment judicieux.
Mais il faut bien prendre conscience du fait que, si le film ne devait son succès qu’à une habileté médiatique, sa pérennité ne saurait être assurée. Le vaste écho que sa diffusion a suscité est dû à des raisons bien plus profondes. Le montage très professionnel de ce film magnifiquement documenté et accompagné d’un commentaire pertinent, objectif de l’état de notre planète, a rendu un public de tout âge attentif
à la fragilité du monde où nous vivons et dont nous dépendons tous.
Certains qui n’avaient eu qu’une représentation quelque peu vague, indéfinie de notre place dans le monde, se sont soudain éveillés à une évidence : si la terre est en danger, nous le sommes aussi !! Et voilà bien un problème de notre société occidentale actuelle : enfermés dans une vision matérialiste et consumériste, nous n’avons pas toujours conscience du fait que nous sommes entièrement dépendants du monde dans lequel nous vivons. L’individu n’est le plus souvent comptabilisé que comme un consommateur potentiel (tant qu’il a un pouvoir d’achat !), la société contemporaine a souvent perdu « ses racines »…Or ses racines sont plantées dans la terre ! C’est la terre qui, depuis que l’homme existe, lui donne généreusement tout ce dont il a besoin : le cadre de sa vie, l’air qu’il respire, l’eau qu’il boit, les nourritures qui le font vivre ! Les anciens ne s’y trompaient pas quand ils vénéraient la terre comme une mère généreuse, fertile, couvrant ses enfants de ses bienfaits !
Au fil de son évolution, l’humanité, surtout occidentale, a oublié la sagesse des anciens. Grisés par les progrès scientifiques accumulés, bien des hommes affichent une sorte d’arrogance et de supériorité… Le scientifique est devenu une sorte d’oracle pour la société contemporaine. Le savoir des sages du passé est rejeté, parfois avec ironie…Tout cela serait de l’ordre de l’anecdote, si cette attitude n’avait de conséquence sur la terre que nous habitons. Nous savons tous que, si la terre est dans un état critique, ce n’est pas seulement par la faute de ses habitants, toutes classes confondues. Les grandes maladies environnementales actuelles sont essentiellement la conséquence de l’égoïsme d’une minorité, qui poussée par l’attrait du profit, n’hésite pas à piller la terre de toutes ses ressources, quitte à la défigurer et à l’appauvrir. Les éléments vitaux tels l’eau, l’air, la nourriture, sont pollués. La terre, au nom de la rentabilité, est exploitée à outrance par l’ajout de produits souvent très toxiques que les agriculteurs emploient en portant des vêtements et gants de protection ! Est-il dès lors étonnant de constater que le nombre de personnes malades augmente sans cesse, mettant en danger les budgets de santé ?
On ne peut que souhaiter que de plus en plus de citoyens prennent conscience qu’ils ne sont pas seulement citoyens d’un seul pays, mais citoyens du monde ! Car l’air, l’eau et la nourriture pollués, porteurs de maladies et de mort, ne s’arrêtent pas à nos frontières. L’humanité est une, comme la terre est une ! Nul pays ne saurait se sauver lui-même ! Il faut vraiment pleinement prendre conscience des enjeux : cesser d’être des consommateurs inconscients qui ne se posent pas les questions de la nature, de la provenance de ce qu’ils consomment et de son impact environnemental, social. C’est le mode de vie, à tous les niveaux, qu’il faudra, à long terme changer. Prendre vraiment conscience de la valeur unique qu’a la terre pour notre être, notre devenir et l’avenir des générations futures.
Oui, il faudrait voir et revoir sans cesse le film HOME, pour nous poser les bonnes questions. Car notre terre est belle, unique, indispensable, généreuse, pleine de ressources bienfaisantes, si nous réapprenons à l’estimer, à l’aimer comme elle le mérite. Depuis l’aube de l’humanité, la nature qui l’anime, l’esprit qui la fait vivre, a permis à un nombre incalculable d’hommes, de connaître des destins variés, des aventures passionnantes ! Après nous, d’autres générations auront envie d’inscrire leur biographie dans la terre, notre terre ! Elle nous donne tout ce qu’elle peut donner, à chacun d’en prendre conscience individuellement ! Ne mérite-t-elle pas notre respect, notre intérêt, notre sollicitude ? Prenons soin d’elle et elle nous le rendra au centuple ! HOME, MY SWEET HOME !
Publié le 06/05/2009 à 12:00 par spiritualite
Les débats sur la santé sont très fréquents dans notre société. Il ne se passe une semaine sans que, sous diverses approches, les médias ne se consacrent à ce sujet. Divers « spécialistes » du monde politique, médical, social, sont apparemment d’accord sur un point : « nous avons le meilleur système de santé, les meilleurs hôpitaux, les meilleurs médecins »…Cela est très rassurant dans une société secouée par les crises et les peurs de toutes sortes ! Aussi est-ce assez curieux que cette méthode Coué nationaliste qui s’efforce d’affirmer que nos « métiers de santé » sont à la pointe du progrès, est parallèlement accompagnée de toutes sortes de « nouvelles » alarmantes…L’exemple le plus récent est celui de la « grippe mexicaine ». Des informations multiples, contradictoires, alarmantes se déversent sur des millions de gens qui finissent par être complètement perturbés…Dangereux ? Pas dangereux ? Pourra-t-on trouver à bref délai un vaccin efficace ? Si oui, y aura-t-il assez de vaccins pour tous ? Jour après jour, on fait, dans le monde entier le compte des « cas avérés ». Chaque nouveau cas est publié au travers de tous les médias disponibles. On parle de pandémie…puis on dément…pour ajouter que « peut-être » une pandémie va se répandre à l’automne…Que penser de tout cela ?
Quand on prend conscience des misères dans le monde, où des maladies de toutes sortes tuent à chaque instant des milliers d’êtres humains, la focalisation extrême des médias et des politiques sur les « cas de grippe mexicaine », devient quelque peu dérisoire. Alors pourquoi tout ce battage ? Parce que la santé est devenue de plus un enjeu politique où des intérêts divers s’affrontent. Le domaine de la santé est celui qui touche toutes les couches de la société : tout le monde peut tomber malade, tout le monde a besoin de soins. A tel point que tous les responsables des « professions de la santé » jouent un rôle extrêmement important dans la société moderne. Les hommes politiques ont intérêt à tenir compte du « contre-pouvoir » que peuvent représenter tous ceux et celles qui ont de grandes responsabilités dans les structures s’occupant du domaine de la santé sociale. Le bras de fer entre les tenants et adversaires des tentatives de réformes dans le système hospitalier en est un bon exemple : va-t-on accepter que les hôpitaux soient gérés dans une optique uniquement financière de rentabilité ou la santé du patient sera-t-elle prioritaire ? Nous connaissons tous les dérives possibles dans les deux sens : examens multiples parfois inutiles et onéreux…ou laxisme dangereux dicté par la seule rentabilité. Alors que faire ? Une fois de plus, ce n’est que dans une prise de conscience à tous les niveaux, qu’un juste équilibre pourra être trouvé. En parodiant une fameuse réplique, on pourrait dire que « la santé est une chose trop sérieuse pour la déléguer aux seuls spécialistes, fussent-ils médecins ou politiciens » ! Ce n’est pas en « délégant » que l’on peut régler les problèmes sérieux.
Chaque citoyen est dans une large mesure, responsable de sa vie, donc aussi de sa santé. Bien des maladies pourraient être évitées par une bonne hygiène de vie. Vivre sainement signifie se nourrir d’une manière équilibrée, d’aliments non trafiqués, bouger, se cultiver pour être aussi « bien dans sa tête ». Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet ! D’autre part, il faudrait peut-être aussi prendre conscience du fait que bien des « maladies de moindre importance » pourraient être guéries par des thérapies douces de médecines alternatives. Dans bien des hôpitaux européens, les médecines chinoises, tibétaines, l’homéopathie etc.., trouvent leur place et sont hautement appréciées tant par les malades que par le corps médical. Mais là encore les mentalités devront évoluer en France.
Prenons le cas de l’homéopathie. Cette médecine a été « inventée » par le docteur en médecine Samuel Friedrich Christian Hahnemann (1755-1843) : soigner « le mal par le mal ». L’idée de départ était de faire absorber au patient en dose infime, la substance qui à l’origine de la maladie, pour pousser l’organisme à former lui-même l’antidote…Donc l’idée centrale était en quelque sorte la même que celle que Pasteur a appliquée pour trouver son vaccin. Cette idée, Hahnemann l’avait appliquée à travers des dilutions répétées, pour arriver à des potentialités qui ne pouvaient plus être mesurées par les outils de travail usuels. Sa médecine a pris rapidement un grand essor car elle s’avéra très efficace, d’autant plus, qu’apparemment il n’y eu jamais d’effets secondaires indésirables. L’homéopathie s’est par la suite constamment développée et maintenue jusqu’à nos jours.
Or que n’a-t-on lu et entendu a propos de l’homéopathie ! Que c’était de la poudre de « perlin-pinpin », que c’était nul, que jamais on n’a pu prouver une quelconque efficacité quant à cette prétendue médecine ! Que tout était misé sur « l’effet placebo », càd sur le mental, l’imaginaire du patient : il « croit » à cette médecine…donc il va s’imaginer qu’elle le guérira..et de ce fait, va « guérir ». Voilà ce que prétendent une grande majorité de « spécialistes du corps médical ». Sur quoi se basent-ils sinon sur leur propre dogmatisme, leur propre certitude, leur propre imaginaire ? Les innombrables malades qui, au cours des siècles ont retrouvé la santé grâce à la « médecine Hahnemann » auront-ils tous été de « doux illuminés victimes de l’effet placebo » ? En toute honnêteté il serait pour le moins présomptueux et abusif de le prétendre ! Or une majorité conservatrice parmi le monde médical s’arroge apparemment ce droit…A croire que l’humanité « consciente et intelligente » n’a émergée qu’aujourd’hui !
N’est-il pas curieux que la médecine homéopathique n’a pas seulement trouvée son application chez les humains, mais aussi chez les animaux ? Nombreux sont aujourd’hui les vétérinaires qui utilisent l’homéopathie pour guérir « leurs patients du monde animal » ! Il est de notoriété publique que les chevaux de course qui représentent un investissement financier important, sont souvent soignés par l’homéopathie ! Encore et toujours un effet placebo ?? Il est tout de même symptomatique qu’à notre époque, où tout est axé sur l’utilitaire, l’efficacité, le pragmatisme, on se refuse à reconnaître une évidence immédiate : l’utilité d’une médecine qui a fait ses preuves et qui n’est nullement onéreuse ! Peut-être est-ce là son « défaut » le plus direct ! Apparemment ce qui est cher a plus de valeur, est plus efficace ! Il est assez navrant de devoir constater que trop souvent l’objectivité, l’esprit d’ouverture (qui devrait être la qualité première de tout véritable scientifique) et l’humilité devant l’infinité de la connaissance, manquent cruellement tant chez nos scientifiques que chez nos politiques.
Il ne se passe de mois où, à travers divers médias, l’homéopathie ne soit discréditée. A croire qu’elle dérange bien du monde, alors que de plus en plus de patients, découragés ou abandonnés par la médecine traditionnelle, se tournent vers elle ! Alors il arrive même que les adversaires de l’homéopathie ne répugnent pas à employer la désinformation voire la calomnie…On a ainsi pu lire un article dans un grand hebdomadaire français, que l’homéopathie avait pu s’établir dans une Allemagne où prédominait l’idéologie nazie ! Quand on replace l’origine de l’homéopathie dans son vrai contexte, on peut constater l’ignorance et la méchanceté employées par les adversaires acharnés de cette médecine, à seule fin de la discréditer auprès d’un public peu soucieux de vérifier ces affirmations…
Un des biens les plus précieux de l’être humain est sa santé. Il s’agit là véritablement d’une question, à long terme, de vie ou de mort. Comment saurait-on dès lors abandonner cet enjeu primordial à quelqu’un d’autre, fut-il un « spécialiste ». Nul expert ne peut se targuer de se mettre à ma place, pour savoir ce qui est bon pour moi. Certes, il pourra toujours me conseiller, mais en définitive, ce sera toujours à moi de prendre la décision ultime. Dans ma liberté, ce sera à moi de choisir ma façon de vivre, de me soigner, de déterminer mon devenir . Toute intrusion dans ce choix sera contraire à ma vocation d’être libre et responsable. Une santé accompagnée, oui, mais un total refus à une « santé confisquée » !
Publié le 26/10/2008 à 12:00 par spiritualite
Amour, amour, quand tu nous tiens!..Que de fois n’a-t-on, dans notre société, parlé, écrit, chanté sur le thème récurrent de l’amour!..Or, si on nous demandait de définir ce qu’est véritablement l’amour, nous serions peut-être embarrassés, car il s’agit d’une notion qui diffère selon les époques et les cultures. Elle varie aussi individuellement selon le niveau de culture. Si la représentation la plus répandue est celle qui assimile l’amour à son expression purement corporelle, physique, la sexualité, il en existe d’autres : l’amour maternel, paternel, filial.
Nous savons que dès le Moyen-Age, les troubadours et trouvères chantent « l’amour courtois » qui est chevaleresque et représente un idéal. Bien plus tard « l’amour romantique » tracera une vision passionnée et tourmentée de ce sentiment. A un tout autre niveau, celui par exemple des religions, existe une notion « d’amour divin » assortie, pour ce qui concerne le christianisme, d’une part sacrificielle: le Christ est mort sur la croix par amour pour les hommes. Quelle différence entre la représentation de l’amour comme expression du fait sexuel et celle du sacrifice volontaire…
Dans notre société occidentale contemporaine, essentiellement matérialiste, la représentation de l’amour a souvent pris les couleurs et l’aspect de l’atmosphère ambiante: la société dite de consommation porte en elle les images qui dictent son comportement. L’amour ravalé à son expression purement physique, matériel, devient un bien de consommation comme tous les autres. Sous cet aspect, l’amour peut s’acheter, se vendre. Ce « produit » est en fait une prestation de service: « faire l’amour » peut être une activité rémunérée, lucrative. Certes, cette expression sexuelle de la notion n’est pas nouvelle dans l’histoire de l’humanité, mais jamais dans le passé, il n’y a eu une telle industrie du sexe. Les produits dérivés allant des produits dits érotiques à la pornographie font partie d’une société en quête de plaisirs effrénés pour tromper son ennui et sa peur du vide…
Il est inutile de décrire les échecs que génère cette vision de l’amour. L’union charnelle de deux individus peut-être indéniablement une source de plaisir. Peut-elle à elle seule « créer l’amour »? Cela est moins sûre. L’union charnelle peut naturellement être une expression d’amour? Elle le peut mais n’en est pas le garant. Si l’on s’interroge si « faire l’amour » est une expression adéquate, on arrive rapidement à une impasse: cela supposerait qu’en accomplissant un acte sexuel on crée de l’amour…Est-ce la vérité ou y a-t-il confusion? N’y a-t-il pas là une illusion assimilant l’amour au plaisir partagé? Si on envisageait que chaque fois que l’on « fait l’amour », on créerait « sui generis » de l’amour, le monde regorgerait d’amour et serait bien le paradis sur terre! Or c’est loin d’être le cas. On doit donc en déduire que l’amour physique peut être l’expression d’un amour existant mais plus rarement en être l’origine ou le garant certain…Le nombre grandissant de couples en situation d’échec est une résultante directe d’une approche « amoureuse » uniquement axée sur la sexualité. Il semble qu’un partage apparent basé uniquement sur le corporel se révèle finalement comme une aventure souvent égoïste où un partenaire exploite l’autre ou même où les deux s’exploitent mutuellement…Or tous les égoïsmes finissent un jour dans un affrontement, donc tout le contraire d’une union.
Il semble donc qu’un amour idéal qui selon bien des poètes devrait durer « toujours » n’existe pas…ou alors il faudrait le chercher ailleurs…Comment s’imagine-t-on un amour parfait? Chacun de nous a sa propre vision de cet idéal car en fait, il faudrait d’abord se poser la question de savoir ce que signifie « aimer ». Un élément semble déterminant et ne saurait être, en toute bonne foi, contester: un véritable amour ne saurait exister sans liberté. Nul ne saurait nous contraindre à aimer quelqu’un. Et l’échec d’un « amour » uniquement basé sur la sexualité est forcément condamné à échouer car étant basé sur une « loi naturelle » qui est celle qui régit toutes les espèces vivantes dans la nature, elle se place objectivement dans une « loi de nécessité » et non de liberté. En fait « l’amour-libre » censé exister dans le domaine de la sexualité, est une fiction. En s’imaginant affirmer sa liberté en exerçant sa sexualité, l’individu ne fait que s’assujettir à une pulsion naturelle, primaire, inscrite dans son « animalité » pour assurer la continuité de l’espèce…Donc une nécessité et non une liberté. Où alors faut-il chercher l’amour, si toutefois il existe?
Si nous considérons l’histoire de l’humanité et les différentes cultures, nous pourrons constater que la signification du mot amour a beaucoup varié selon les âges. Nos très lointains ancêtres auraient certainement beaucoup ri, si on leur avait dit que le fait de s’accoupler était de l’amour! Ce n’est qu’au Moyen-Age qu’on trouve les traces de la notion « d’amour courtois », chevaleresque, magnifié à travers les textes des troubadours et trouvères. Cette expression de l’amour a fortement marquée l’occident. Bien plus tard naîtra en Europe « l’amour romantique », le triomphe du sentiment passionnel…Toutes ces approches nous livrent des visions partielles qui célèbrent l’amour, mais qui en définitive, ne parviennent pas à nous en faire découvrir les ressorts intimes. Alors où chercher?
La philosophie grecque qui est le berceau de notre pensée européenne peut, peut-être, nous donner une piste intéressante. Tournons-nous vers Platon: dans son écrit intitulé « le banquet » qui rassemble divers « discours de Socrate », on trouve dans les 6ème et 7ème discours, des textes concernant la vérité et la réalité de l’amour. Socrate souligne qu’il existe, en fait, différents niveaux d’amour. Il dit avoir été initié à ce mystère par Diotima (dont le nom signifie « celle qui honore Dieu) qui est une prophétesse-philosophe qui puise ses pensées à la source de l’amour divin. Et Diotima lui confie le grand secret sur l’amour et ses métamorphoses: de par son essence, l’amour s’enflamme au départ, au contact de tout ce qu’il peut voir et toucher, par exemple le corps d’un être humain. La dynamique de l’amour part du concret, du physique. Mais Diotima souligne que l’amour lié au corporel ne suffit pas à satisfaire le cœur humain. L’amour s’attache à la beauté..or la beauté corporelle est éphémère. Dès lors l’amour se cherche une dimension qui la soustrait au temporel et va essayer de s’attacher à la « beauté intérieure » de l’être aimé, « d’aimer son âme »…Puis cet amour peut encore s’élever et s’intéresser à l’individualité profonde de l’être, à sa façon de penser, à son esprit.
Nous ne pouvons, dans le cadre de ce bref exposé, étudier en détail, dans toute sa profondeur, le texte de Platon. Ce qui nous semble du plus grand intérêt, ce sont les pistes de réflexion qu’il ouvre.
Diotima, à travers le texte de Platon nous enseigne que l’amour humain naît au contact de la réalité corporelle, matérielle. S’il reste solidaire du seul « support physique », il s’inscrit dans la loi de tous ce qui est d’ordre physique, à savoir le vieillissement et l’anéantissement, l’éphémère. On reste, sur ce plan, confiné dans la vision matérialiste du monde et de l’individu en particulier. Un autre aspect est aussi évident dans la réalité physique: l’union de deux êtres est impossible car deux corps ne peuvent fusionner, chacun étant « prisonnier de son propre espace corporel ».
Mais dès lors que l’on envisage que l’être humain ne se définit pas seulement par son corps physique « extérieur », mais aussi par un « espace intérieur », celui dans lequel il vit sa propre vie sentimentale, émotionnelle, affective, ce qu’il est convenu d’appeler son âme et d’un espace encore plus intime qui est celui de son individualité profonde, son « moi » , ainsi que sa pensée, cet ensemble qu’on peut désigner par « son esprit », d’autres formes d’amour sont envisageables.
Dans cette approche trinitaire de l’individualité, l’amour peut entamer une évolution, une métamorphose, qui le portera de plus en plus haut, dans sa qualité profonde. Même un amour fusionnel devient possible, car les espaces de l’âme et de l’esprit ne sont pas ceux de l’espace physique! Reprenons encore une fois, sous une forme simple l’enseignement de Diotima: on commence par aimer le corps de l’autre, puis on apprend à aimer la chaleur de son âme et finalement la lumière de son esprit. Cette vision n’est-elle pas extraordinaire et « sage » dans l’acceptation philosophique? Loin de « condamner » l’expression corporelle de l’amour, elle invite au dépassement pour conférer à l’amour une qualité transcendante et éternelle! A partir du stade primaire de l’expression amoureuse corporelle, qui est utile, nécessaire, mais qui par sa nature et sa fonction est liée à une nécessité, donc à une « non-liberté » et à un égoïsme individuel ou partagé, l’amour peut dépasser ce stade par une libre résolution individuelle. Plus encore, il devient possible de prouver à « l’autre » que je n’aime pas seulement son corps qu’il me serait possible « d’exploiter égoïstement », mais aussi son âme et son esprit! Des niveaux et dimensions qui dépassent le temps et l’espace!
Un autre aspect devient dès lors évident: en se plaçant aux niveaux de l’âme et de l’esprit, l’expression amoureuse prend d’autres couleurs, de nouvelles qualités insoupçonnées. L’amour devient dans tous les sens du terme, « pur, altruiste, désintéressé », car dans ces dimensions il devient pratiquement impossible « d’exploiter l’autre »: on l’aime « gratuitement » pour ce qu’il est, pour ce qui l’intéresse, pour ce qu’il aime. Au lieu de prendre, on s’oublie soi-même pour donner sans compter sur un retour. Ce cheminement de l’amour devient plus compréhensible si on médite les paroles de Jésus qui dit: « aime ton prochain comme toi-même ». Que signifient ces paroles? Elle signifie qu’il faut commencer par s’aimer soi-même pour ensuite arriver à aimer l’ autre. Le premier stade de l’amour passe par « l’amour égoïste » qui est un passage obligé. Là, se situe aussi les expressions d’amour attachées au corps, au physique. Mais si l’amour reste ancré à ce niveau, il en subi fatalement les conséquences c. à d. qu’il restera au niveau de l’égoïsme, qui par la dynamique qui s’y rattache, va l’éloigner de l’autre…L’amour, pour durer, doit surmonter les forces inhérentes à l’égoïsme pour les métamorphoser en « altruisme », en intérêt et en amour pour l’autre. A partir de là, il sera aussi possible d’étendre cet amour à tous, selon le précepte: « aimez-vous les uns les autres » tel que l’enseigne Jésus-Christ.
La culture grecque, à ce titre, est riche d’enseignements et il serait bien dommage de la reléguer au rang « d’antiquité »…Elle était bien plus apte à exprimer la complexité du mot « amour ». Aussi avait-elle trois expressions distinctes pour désigner ce que, de nos jours, on exprime unilatéralement, indistinctement par le terme amour: eros, philia et agape. Eros signifiait l’amour lié au corps, philia l’amour lié à l’âme (amitié, affinité sentimentale, sympathie..) et agape l’amour parfait lié en quelque sorte à l’esprit puisque cet amour se devait d’être libre et idéal. Cette dernière forme d’amour, souvent désignée comme « l’amour platonique » a été souvent mal comprise par nos contemporains. En fait elle a trouvé sa pleine signification dans le message christique évoqué plus haut.
Cet exposé serait incomplet sans l’évocation d’une forme d’amour toute spéciale et hors norme: l’amour comme forme de recherche d’idéal, dans la vie religieuse. Il existe des hommes et des femmes qui, dans un engagement personnel et libre, font vœux de pauvreté et de chasteté. Par cette démarche, ils renoncent donc à une forme d’amour charnel, pour tendre vers un autre idéal qui leur semble plus valable. Ils veulent être entièrement au service des autres, notamment des plus pauvres, des plus démunis. C’est dans ce cadre que s’inscrivent des personnalités telles que sœur Emmanuelle ou encore l’abbé Pierre…Si elles sont devenues tellement populaires, ce n’est pas seulement du fait des médias, mais parce qu’elles étaient des « révoltées » incommodes pour les autorités, mais entièrement au service de ce qu’elles estimaient être juste et bon pour les êtres humains. Un espoir et une lumière pour tous ceux et celles qui sont désespérés de vivre dans un monde de plus en plus inhumain et où seul compte l’argent, la puissance matérielle…
Les personnalités qui ont laissé de magnifiques exemples d’abnégation et d’humanité, nous dévoilent encore un autre mystère attaché à l’amour: c’est en donnant que, involontairement, on s’enrichit! Le grand penseur visionnaire autrichien, Rudolf Steiner, a évoqué cet aspect de l’amour dans diverses conférences. Il l’illustre par une image qui, à première vue, semble complètement absurde. Il dit en substance: imaginez deux verres, l’un vide, l’autre plein d‘eau…On vide peu à peu le contenu du verre plein dans le verre vide…Et voilà que loin de se vider, ce verre continue sans cesse à déverser l’eau…C’est une illustration de l’amour véritable: en donnant sans compter et sans espoir de retour, l’être humain s’enrichit par une loi inhérente au véritable amour! Car le don de l’amour est toujours désintéressé, gratuit, jamais il ne recherche un avantage. Le premier épître de St-Paul aux Corinthiens (13/4-7) illustre magnifiquement l’amour parfait: « L’amour est patient, serviable est l’amour, il n’est pas envieux, il ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas, ne fait rien d’inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s’irrite pas, ne tient pas compte du mal, ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit de la vérité… ».
On aura compris que le véritable amour suppose un chemin long, une prise de conscience sans cesse plus vigilante de la réalité du monde où nous vivons et de nous-mêmes. On ne « fait pas l’amour », on le construit, jour après jour, en aimant « l’autre » dans sa spécificité, dans ses qualités et ses faiblesses, pour l’aider à vivre et à avancer sur sa route. L’amour de l’autre est la clef du bonheur véritable et de l’épanouissement pour tous.
Publié le 14/09/2008 à 12:00 par spiritualite
Un esprit attentif aux évènements du monde et de la société dans laquelle nous vivons, remarquera, au fil des jours, qu’à tous les niveaux, dans tous les milieux, le mensonge sévit. Oui, la vérité est souvent bafouée, trahie…Certes, ce n’est pas aujourd’hui que l’on a inventé le mensonge. Il est aussi vieux que l’humanité. Il a revêtu des formes diverses allant du « mensonge de circonstance » pour se tirer d’un mauvais pas, à la stratégie de la « ruse de guerre » ou encore à un machiavélisme de bon aloi pour manipuler l’adversaire. Ce qui est nouveau dans le monde contemporain, c’est que la diversité et la rapidité des médias, des moyens de communication, font que la « non-vérité » qu’est le mensonge, se répand à une vitesse telle que son impact est incommensurable.
De tous temps, les religions ont condamné le mensonge, le considérant comme une forme de blasphème contre Dieu ou les Dieux considérés comme les détenteurs et les garants de la vérité. Porter une « non-vérité » dans le monde était considéré comme une atteinte grave à l’harmonie du monde et de la société. Plus tard, les philosophes de l’ère des lumières, puis la morale laïque républicaine se sont engagés à défendre la vérité et de ce fait, condamnaient fortement toute forme de mensonge.
Cela n’a naturellement nullement empêché le mensonge de proliférer dans le monde.
Aujourd’hui, dans notre société matérialiste focalisée sur l’argent, sur le pouvoir sous toutes ses formes, le mensonge a repris des couleurs nouvelles, est devenue une stratégie sophistiquée pour gagner sur tous les terrains de la vie sociale et économique. Les religions n’ont plus une emprise déterminante sur la société, la morale républicaine est devenue une « instruction civique » sans grande conviction, l’interdit du mensonge ne se révèle que devant des affaires ou scandales graves qui finissent devant une juridiction…
Dans une société matérialiste et où un libéralisme souvent sauvage se définit par une déshumanisation grandissante, le mensonge s’est fortement banalisé, la fin justifiant tous les moyens. Nous pouvons tous, en nous basant sur nos propres observations, nos propres expériences, constater les multiples visages que prend le mensonge à tous les niveaux. Dans toutes les structures sociales, économiques, sur les lieux de travail, en politique, nous pouvons au fil des jours, répertorier tous les mensonges qui sévissent. Nous savons tous qu’une large partie de la stratégie déployée, dans le domaine de la publicité, repose sur une technique très raffinée du mensonge ! Le mensonge s’est diversifié et s’est instillé un peu partout. Il s’est banalisé, il est devenu une sorte de jeu de société : si quelqu’un est lésé c’est qu’il n’était pas vigilant…donc il n’aura qu’à se prendre à lui-même. Celui qui est devenu un « gagnant » par le mensonge, est considéré comme particulièrement malin et intelligent.
Or le mensonge est-il vraiment banal, anodin ? Si on analyse sommairement le « phénomène du mensonge », de manière pragmatique, sans y attacher immédiatement une connotation morale, que peut-on constater ? Quels sont les éléments qui entrent en jeu ? Les intentions, le but. Les conséquences…
Pourquoi ment-on ?
- pour cacher la vérité
- pour affirmer une « non-vérité »
- pour obtenir un avantage (puissance sous tous ses aspects, argent, bien matériel etc ..)
- pour masquer des faits ou évènements répréhensifs.
Si nous nous penchons sur les conséquences objectives du mensonge, que constatons-nous ? Le mensonge vit ses beaux jours tant qu’il peut se cacher derrière un masque d’illusion. Mais la vérité, telle un bouchon entravé quelque temps au fond de l’eau, arrivera tôt ou tard, à refaire surface. Que se passera-t-il alors ? Celui ou celle qui s’estimera victime du mensonge se considèrera, à juste titre, comme bafoué, lésé, blessé profondément dans son amour-propre. Il se dira meurtri au plus profond de lui-même et sa colère sera à l’échelle de son indignation légitime. Pourquoi ? Parce que chaque être humain veut connaître la vérité et estime le mensonge comme une atteinte personnelle à sa dignité. Que ce soit un mensonge par intérêt ou celui qui consiste à masquer une trahison, il laissera toujours des traces douloureuses chez celui ou celle qui en est la victime. Une atteinte grave à la confiance.
Les crises et malaises de notre société actuelle sont, pour une large partie, le résultat du mensonge dans tous les domaines de la vie sociale. La nature, la dignité humaine a ses exigences. Parmi ces dernières, le droit à la vérité est essentiel. Négliger cette réalité, c’est introduire constamment dans la société un poison subtil, sournois et destructeur.
Le grand penseur et visionnaire Rudolf Steiner (1861-1925) avait analysé, dès le début du siècle dernier, les causes véritables des crises sociales. Un des facteurs déterminants, est la vision essentiellement matérialiste de la société moderne occidentale. Sous cette optique, l’homme est souvent réduit à une seule dimension « d’animal supérieur ». Dès lors, la société devient une sorte de jungle où règnera la loi du plus fort, du plus malin, du plus intelligent. Tout devient légitime pour éliminer ou dominer l’autre, pour arriver à ses fins. Le mensonge devient dès lors un moyen efficace pour faire triompher les intérêts personnels, les égoïsmes. Au nom de l’efficacité, on sacrifie la vérité. Le plus grave, c’est qu’ en agissant ainsi, on blesse dangereusement l’humanité entière et chaque individu en particulier.
Dans son enseignement, Rudolf Steiner a toujours souligné que l’être humain ne se réduisait pas à son corps physique qui ferait de lui, en effet un « animal supérieur ». Il possède aussi un « espace qui l’anime » de l’intérieur, ce qu’il est convenu d’appeler une âme, le siège de sa vie intérieure, de ses sentiments, de ses émotions. Et enfin, il est le siège d’un esprit capable de réfléchir, d’avoir ses propres idées, ses réflexions individuelles, toutes ces activités par lesquelles il peut se ressentir comme étant une individualité, un « moi ».
Ce sont précisément son âme et son esprit qui aspirent à la dignité, à l’exigence de la vérité. La vérité est propre à l’être humain : « l’animal supérieur » seul n’a pas besoin de vérité. C’est parce que l’homme est capable de penser, qu’il peut prendre conscience de sa propre valeur et posséder une exigence de vérité. La vérité lui apporte un équilibre et une dignité, le mensonge lui apporte le chaos, l’incertitude, la méfiance, la peur. Cet être capable de penser, ressent aussi intuitivement, qu’il aspire au beau, au bon, à l’idéal, à l’absolu. C’est pourquoi, tout être humain exige la vérité, comme un droit au respect et à sa dignité personnelle. L’esprit de l’homme veut la vérité, il a « droit à la vérité » car il se considère comme un être abouti et responsable. C’est pourquoi il se révolte contre les injustices, contre tout ce qui est anti-social, tout ce qui blesse la dignité humaine. Et si, de par son corps physique, sa qualité « d’animal supérieur » il tend vers l’égoïsme et le rapport de force, de par son esprit et son âme, il cherchera, même inconsciemment, la transcendance dont la vérité est un des critères.
Non le mensonge n’est ni légitime, ni anodin, si on veut bien y réfléchir. Certes, l’histoire de nos sociétés et l’histoire en général sont jalonnées de mensonges. Rudolf Steiner disait qu’un jour il faudrait réécrire les livres d’histoire à la lumière de la vérité, car sous bien des aspects nous vivons dans une « histoire convenue ». Dans une de ses conférences, il disait aussi, en substance, que le mensonge était une réalité spirituelle aussi cruelle pour l’âme humaine qu’un « coup de poignard » pour le corps physique.
On aura compris qu’une société bâtie sur un tissu de mensonges est condamnée à être malade et à connaître des crises sociales constantes, sans cesse grandissantes. Une société qui veut être libre et le rester, ne saurait vivre dans le mensonge permanent dans sa vie politique, économique, sociale. Car, contrairement à ce que l’on préconise généralement, le mensonge n’est pas une conséquence de la liberté (celle de penser et d’agir comme on le veut), mais son adversaire parmi les plus virulents. Dans le Nouveau Testament, Jésus dit, entre autres paroles : « vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendre libre ! »…A chacun d’entre nous de participer à la conquête de la vérité et de la liberté d’esprit qui en découle. C’est l’enjeu pour arriver à une terre plus humaine, plus respectueuse de la dignité et de la véritable nature de l’être humain.
Publié le 12/03/2008 à 12:00 par spiritualite
[FONT=O Variations sur le thème :
« Donner un sens à sa vie… »
Les expressions populaires sont souvent porteuses, sans que l’on ne le saisisse immédiatement, d’un sens profond et d’une grande sagesse. Mais souvent, dans la vie quotidienne, ces expressions sont formulées comme des automatismes verbaux dont on ne creuse pas la véritable signification. Qui n’a, par exemple, au cours de sa vie, lu, entendu ou dit : « il faut donner un sens à sa vie »…Que signifie cette courte phrase ? De prime abord elle signifierait que la vie par elle-même n’aurait pas de sens ! Cela apparaît immédiatement comme une absurdité évidente, car sans la vie, nous ne serions pas, nous n’existerions pas ! Alors que peut-on bien vouloir sous-entendre par « donner un sens » ?
Le terme « sens »peut avoir diverses significations, diverses connotations. Ainsi « donner un sens à sa vie » pourrait exprimer l’idée de vouloir trouver et comprendre la raison d’être de la vie, de « notre vie ». Qu’est-ce que la vie ? Pourquoi mon être est-il tributaire de la vie ? Mon être ne s’inscrit-il que dans les limites définies par la vie elle-même ou dépasse-t-il cette frontière ? La définition de mon être se réduit-elle à n’être qu’une des expressions de la vie qui dépasse tout cadre individuel ? Quelle est ma raison d’être ?
Le terme de sens est toujours relié à la nécessité de connaissance. Ne dit-on pas que l’homme, normalement, est doté de cinq sens par lesquels il a un accès au monde qui l’entoure ? Sans ces sens il n’aurait nulle connaissance du monde physique dans lequel il vit. Par conséquent, ces cinq sens contribuent aussi à donner un sens à sa vie ! Mais ces « aptitudes » nous sont tellement inhérentes, qu’elles ne nous sont pas toujours conscientes…sauf si l’un de nos sens nous fait défaut ! Une prise de conscience immédiate sur cette réalité devrait nous animer d’une grande gratitude de ce « cadeau » de la vie, devrait nous réjouir et déjà, dans un premier temps aussi donner « du sens à notre existence »…
Mais le terme de sens est encore associé autrement à l’être humain. Ainsi parle-t-on du « sens commun », où l’on sous-entend que tout être humain normal peut comprendre immédiatement et sans effort certaines choses, certains évènements. Ce qui « tombe sous le sens » signifie que cela prend le caractère d’une évidence pour tout homme, sans qu’il y ait le besoin d’explications complémentaires. Mais le sens commun suffit-il à donner du sens à ma vie, à chaque vie individuellement ? L’expérience quotidienne nous prouve que non : la valeur de l’existence humaine, si l’on veut sortir de la théorie, est toujours définie subjectivement car l’appréciation reste purement individuelle.
L’expression « donner un sens » peut aussi signifier indiquer une direction, s’engager sur une route choisie.
Cela suppose un choix vraiment personnel basé sur une réflexion préliminaire. Pour cheminer, on ne peut s’engager dans « des sens », cela serait impossible et absurde. Certes, on peut éventuellement en cours de route prendre un autre sens ou un nouveau chemin…Le risque étant, qu’à force de changer trop souvent de « sens » on tourne en rond et on n’aboutit nulle part !..Ce qui est certain c’est que la direction que je vais emprunter découle de mon choix. Prendre une direction implique de savoir où l’on se trouve et où on veut aller. Pour l’être humain ces questions et les réponses qu’il y donne sont déterminantes. Pourquoi ? Parce que « donner un sens à sa vie » induit des questions essentielles :
1) quelle est ma place dans la vie, où suis-je ?
2) Qui suis-je ? D’où est-ce que je viens ?
3) Où est-ce que je vais ? Je sais que tous les hommes sont mortels…La mort physique est-elle la fin de « l’aventure humaine » ?
Ma réflexion première sera donc axée sur la place que je tiens dans la vie (cadre environnemental, social, culturel, religieux ou laïc, politique etc.. et la fonction, ma raison d’être là où je me trouve). Pour connaître l’origine de mon être, cela devient bien plus compliqué. Deux options s’offrent à moi : soit je me limite au cadre matérialiste, physique, perceptible ou je choisis un cadre autre, d’ordre spiritualiste ou religieux traditionnel. En toute logique, le choix que j’aurais fait déterminera pour moi, mon futur, tel que je l’imagine…
Qu’est-ce que cela signifie pratiquement ? Pour un matérialiste, pour lequel la seule réalité est physique, pour le scientifique actuel qui s’inscrit dans la même vision, « donner un sens à sa vie » revient à profiter de la vie, qui impose sa propre dynamique. Le monde physique se définit par des lois dont les scientifiques, au fil du temps, ont découvert les mécanismes. Tout se définit dans une logique de cause à effet analysable : tout est déterminisme. Et l’être humain s’inscrit dans cette logique. Certes il pourra avoir, grâce aux sciences, la possibilité d’agir éventuellement sur les mécanismes de la vie par la médecine, l’hygiène de vie etc. mais l’homme, réduit à sa dimension physique, est soumis aux règles inhérentes à la nature humaine . Sous la vision matérialiste, l’être vivant est le fruit du « hasard et de la nécessité » (Monod) qui sont les moteurs de l’évolution sur terre. Pour l’individu, cela signifie que sa vie physique (seule réalité pour le scientifique) sera toujours déterminée par ses gènes, par l’hérédité et conditionné par l’environnement géographique, social, parental etc. Si l’individu a la « chance » de ne pas être victime d’une famine, d’une guerre, d’un accident, d’un cataclysme, ce seront ses gènes qui détermineront les maladies qu’il aura à subir, la durée de vie probable.
Dans ce cadre de non liberté tracé par la vision matérialiste, le seul « sens de vie » possible sera celui inscrit dans une « jouissance forcenée de la vie », selon l’adage : on n’a qu’une vie, il faut en profiter pleinement...En occident cela se traduit essentiellement dans une frénésie de consommations sous toutes les formes. Aucune transcendance n’étant envisageable, l’idée d’une éthique devient symbolique : morale épicurienne ou encore « morale citoyenne » réduite pour proposer un minimum « d’art de vivre ».
La vision spirituelle ou religieuse introduit d’autres critères, car elle présuppose une finalité de la vie, un sens de la vie. Sous cette optique, l’être humain est « créature » d’une puissance transcendante appelée communément Dieu. L’être humain n’est plus le fruit du « hasard », mais l’œuvre d’amour de Dieu, qui s’exprime à travers lui. L’homme a été créé volontairement et dans un but précis. Cette approche relève du domaine de l’intangible. C’est le domaine de la religion, de la croyance, de la foi. Les religions sont propres à toutes les cultures, présentes et passées. L’appartenance d’un individu à une religion qui s’inscrit le plus souvent dans une tradition, un cadre familial, une culture précise, lui impose des règles de vie, de comportements dans une volonté affirmée de respecter les lois divines. Cela pour s’assurer la protection de Dieu et pouvoir espérer en une vie éternelle.
Cette vision confère à la vie de tout être un « sens » dans toutes les acceptations du terme : elle répond à ses questions sur ses origines, sa raison d’être, ce que doit être son comportement dans la vie et le but à atteindre. La vie devient une aventure formidable où une infinité de choses et d’évènements sont à découvrir, où l’être humain vit au sein d’une humanité où il peut apprendre à connaître les autres et par là aussi réfléchir sur la nature de sa propre identité. On comprend aisément que la représentation du sens de la vie proposée par une religion est bien plus séduisante, plus intéressante car elle « donne un sens » à la vie. Cela nourrit nos espérances et nous aide à supporter les épreuves que peut apporter une vie sur terre. Cela explique dans une large mesure, que les individus qui adhèrent à une croyance, une foi, sont mieux armés pour affronter la vie.
Le seul problème est qu’une foi ne se décrète pas, ne s’impose pas, car il s’agit d’une représentation, d’une conviction toute subjective, toute personnelle. De ce fait même elle est aléatoire, irrationnelle et irréaliste pour toute personne animée d’une vision scientifique ou matérialiste. Les sociologues verront dans le choix religieux un moyen d’échapper à l’angoisse existentielle inhérente à la condition humaine : l’être humain s’invente une transcendance pour se rassurer, pour pouvoir espérer échapper à la fatalité de la mort inscrite dans ses gènes.
La vie a-t-elle un sens ? Dans le tumulte et les astreintes de la vie quotidienne, peu de gens se pose cette question. On est entraîné dans le tourbillon des problèmes de toutes sortes qui nous assaillent et qui nous obligent à chaque instant de nous concentrer sur l’immédiat. En général, l’individu ne s’interroge que lors d’évènements très graves auxquels il doit faire face. Si tout va bien, la vie se conjugue facilement avec des connotations de joies, de plaisirs, de jouissances. Lors d’épreuves, notre vie peut très rapidement perdre tout sens. Les conséquences immédiates se nomment souvent dépressions voire suicides. Il suffit de consulter les statistiques effrayantes qui prouvent qu’une large proportion de notre population, tous âges confondus, est victime de ce sinistre phénomène. On est confronté ici à un symptôme évident des malaises de notre société actuelle : une vie dénuée de sens pousse l’individu à son autodestruction.
Le sens de la vie, tel que nous l’avons évoqué plus haut, ne peut être décliné, apparemment, que selon deux approches : la vision matérialiste (scientifique) basée sur la réalité physique ou la vision religieuse (irrationnelle) basée sur la croyance, la foi. Cette dernière est complètement subjective et par là, hypothétique. Le scientifique peut « prouver » (c. à d. soumettre à l’expérience accessible à tous) ce qu’il affirme. Le croyant ne peut rien prouver : la foi qu’il s’est construite lui suffit comme « preuve ». En prenant de la hauteur, on pourrait affirmer : le scientifique ne peut prouver que le monde matériel, dans l’absolu, est la seule et l’ultime réalité envisageable et le croyant ne peut prouver que sa croyance en un monde spirituel est fondée sur une réalité…Alors que penser ?
Science et religion sont-elles antinomiques et irréconciliables ?
Le grand penseur, philosophe et visionnaire Rudolf Steiner (1861-1925) affirme que cela est possible. Comment ? Il décrit dans un de ses ouvrages intitulés « Comment acquérir des connaissances sur les mondes supérieurs ? » par quelles expériences chaque être humain peut accéder, en pleine conscience, à la connaissance « des mondes supérieurs », appelés communément « le monde spirituel ». Selon lui, le monde matériel physique n’est qu’une partie d’un ensemble infini situé dans des mondes suprasensibles dont l’accès n’est possible que sous certaines conditions qu’il décrit avec la plus grande précision. L’existence d’un monde spirituel ne peut, vu sa consistance, être vérifiée, prouvée, à l’aide des mêmes instruments que ceux qui s’appliquent au monde matériel. L’expérience de l’existence de « mondes » autres que terrestres ne peut être « démontrée » du dehors, elle doit être vécue –individuellement- du dedans. Celui ou celle qui a accédé par sa propre expérience au monde spirituel, n’a plus besoin d’une preuve, puisqu’il s’agit d’un vécu personnel.
Cette expérience du suprasensible est possible grâce à la faculté du « penser humain ». Cette possibilité n’est pas limitée au contexte physique, matériel, mais peut, sous certaines conditions, s’étendre au-delà pour accéder à la connaissance des « mondes supérieurs » qui sont les racines véritables du monde physique auquel nous appartenons. La pensée humaine peut encore aller au-delà de l’expérience de Descartes, du « cogito, ergo sum » (je pense, donc je suis) : analyser la nature des « idées » que perçoit ma pensée, chercher ce que « réfléchir » signifie. Qui est ce « je » qui pense ? Est-ce le « moi » qui crée les pensées ou ma « réflexion » n’est-elle que le reflet d’une réalité non physique… spirituelle ? Faire peut-être l’expérience « spirituelle » de mon être profond, de mon identité véritable. Il va de soi que, si l’expérience individuelle de sa propre nature spirituelle et de l’existence du monde spirituel est accessible à l’être humain, cela peut « réconcilier science et religion ». Cela démontrerait que la science, sous certaines conditions, peut étendre son champ d’investigation bien au-delà des réalités matérielles, jusqu’à accéder au monde spirituel. C’est ce que Rudolf Steiner a fait en initiant « la science spirituelle » (Anthroposophie). Les fruits de ses recherches qui se sont étendues à tous les domaines de la vie, ont été exposés par lui dans des centaines de conférences, des livres (plus de 450 titres tous disponibles à ce jour et traduits dans beaucoup de langues). Les recherches que Rudolf Steiner a effectuées au sein du monde spirituel, l’ont confronté à l’existence d’êtres spirituels dans ces sphères. L’entité la plus importante pour l’être humain est celle qu’il est convenu d’appeler le Christ, le Logos, le « Fils de Dieu ». Le Christ que décrit Rudolf Steiner, à travers son immense œuvre, est infiniment plus « cosmique » que celui présenté habituellement au sein des religions chrétiennes. Le Christ est l’initiateur, l’accompagnateur, le « sens » de l’être humain : le Christ porte le « projet humain » à travers toutes les cultures, tous les âges, vers une plénitude. L’homme s’inscrit dans un « devenir » constant et au travers de ses incarnations successives. Il parcourt ainsi toute l’histoire humaine, élargissant sans cesse son niveau de conscience, participant à la grâce divine, pour devenir toujours plus libre, plus conscient de ses responsabilités, des devoirs inhérents à sa propre nature spirituelle et son appartenance à la famille humaine toute entière.
Il devient évident que si on s’inscrit dans une « initiation » telle que Rudolf Steiner la propose à tout homme, l’autoéducation individuelle portée par la grâce divine, les nouvelles connaissances acquises peuvent, dans cette perspective, répondre à nos questions existentielles : qui suis-je ? Quelles sont mes origines ? La réponse à ces deux questions induiront logiquement les réponses à mes autres questions : quel est le sens de la vie ? De la mort ? L’immortalité est-elle réaliste ?
Faut-il donner un sens à notre vie ? A cette question, chacun(e) devra répondre individuellement, en toute liberté. Si je n’éprouve pas la nécessité de cette démarche, c’est que j’estime que la vie telle qu’elle est, suffit à ma curiosité et à mes besoins. Ceux et celles qui disent qu’il faut donner un sens à leur vie s’inscrivent dans une autre démarche : quelque chose en eux les poussent à vouloir comprendre le sens de leur existence qui, de par la nature physique de leur constitution, est forcément limitée. L’être humain est, par essence, un être qui pense, qui s’interroge. Alors forcément, à certains moments de la vie, confronté à des difficultés, il sera amené à se poser des questions…Deux possibilités s’offrent à lui : soit il estimera que de toutes façons il lui est impossible de trouver la réponse à ses questions et il « pensera vite à autre chose » soit il se mettra en quête de réponses, en y mettant le temps.
Le thème « donner un sens à sa vie » peut donc se conjuguer de différentes manières et reflètera la vie intérieure de chaque individualité. Pour l’être humain, le besoin de savoir est inscrit dans sa nature profonde. C’est la raison d’être de la recherche scientifique. Pourquoi cette recherche serait-elle réservée aux seuls scientifiques qui se limitent au monde matériel ? Qu’est-ce qui nous interdit d’aller au-là de cette frontière, sinon nous-mêmes ? A travers son œuvre, Rudolf Steiner nous offre, en toute liberté, d’essayer d’aller plus loin, « plus haut ». Chaque individualité a cette possibilité, il suffit de le vouloir. La littérature de Rudolf Steiner peut aujourd’hui être accessible par internet. Les personnes qui voudraient découvrir une image approfondie du Christ, peuvent lire les ouvrages d’un élève de R. Steiner, le Dr. H.E. Lauer, dont un des livres essentiels porte le titre « L’Anthroposophie et l’avenir du christianisme ». Cet ouvrage, épuisé depuis longtemps, sera, très prochainement réédité. Les internautes pourront aussi consulter un site consacré à cet auteur et à cet ouvrage : radher.free.fr
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Publié le 23/12/2007 à 12:00 par spiritualite
Noël : une réalité ou une mystification ?
L’année s’achève par les fêtes de Noël et de nouvel an…Une fois de plus l’actualité s’empare de cette opportunité pour proposer, par tous les médias possibles, toutes sortes de produits et de services.
Aujourd’hui, beaucoup de nos concitoyens sont stressés à l’approche de Noël : c’est la course à la consommation. Il s’agit de trouver le cadeau qui fera plaisir et d’éviter des déceptions qui seraient ressenties comme des échecs personnels…Cette période de l’année devient dès lors, pour tous ceux qui en ont les moyens, une course pour trouver tout ce qui est censé garantir le côté festif de l’évènement.
Les programmes télé, internet, les publicités de toute nature, proposent à longueur de journée une multitude de produits « indispensables » pour Noël. Il suffit de visiter une grande surface pour se faire une idée de ce que représente Noël pour le plus grand nombre : consommer, consommer et encore consommer, du moins pour ceux qui disposent des moyens financiers nécessaires. Il devient aussi évident que dans notre société en crise où beaucoup de gens vivent au seuil de la pauvreté ou carrément dans la misère, la fameuse « fracture sociale » se dessine de plus en plus…
La fête de Noël n’est-elle plus qu’un prétexte, un argument de consommation ? Une mystification ? Analysons les racines de ce phénomène : à l’origine, cette fête ne concerne que le monde chrétien.
On sait que pour les premiers chrétiens, la fête la plus importante était Pâques, parce qu’elle célébrait la résurrection de Jésus-Christ mort sur la croix. La naissance de Jésus n’est devenue fête que bien plus tard et était fêté le 6 janvier. Par la suite l’occident a repris la date du 25 décembre, jour qui avait été célébré par le « monde paien » qui vivait au rythme des solstices. La tradition de la crèche de Noël est très tardive et date du Moyen-Age (12e-13ème siècle/François d’Assise). Il devient dès lors évident que la « tradition de Noël » n’a pas de base historique établie et vérifiable. Pour le monde chrétien la seule référence à l’évènement de la naissance de Jésus, se trouve dans deux des quatre évangiles qui fondent la foi chrétienne : celui de Matthieu et de Luc. Or le contenu des évangiles (traduction : la bonne nouvelle) avait été, au départ, transmis oralement et rédigé bien plus tard. Ces « références » sont donc très facilement contestables et sont en fait aussi contestées par tous ceux et celles qui ne sont pas des « croyants ». Un contenu de croyance, de foi, est par essence, d’ordre subjectif et n’a aucun poids scientifique.
La narration de la naissance de Jésus devient d’autant plus problématique que, à la lecture attentive des évangiles de Luc et de Matthieu, des contradictions flagrantes apparaissent. Les généalogies divergent, les lieux aussi (pour l’un Marie et Joseph habitent à Nazareth et vont à Bethléem pour le recensement, c’est là que Marie accouche. Pour l’autre le couple apparemment habite déjà à Bethléem et Marie accouche en ce lieu..). L’évangile de Luc parle de la « crèche » dans l’étable où Marie accouche, faute d’avoir trouvé une place dans l’auberge. Il y est aussi question des bergers qui sont les témoins du l’évènement…Aucune trace de cela chez Matthieu qui lui, narre la visite des mages d’Orient..). Il devient clair que pour un « esprit cartésien » tous ces récits relèvent de la pure imagination et ne sont, de ce fait, pas crédibles. Plus encore, bien des gens s’irritent de cet état de fait et pensent qu’il serait grand temps de mettre fin à ce « mensonge » que les gens d’églises attachés à leur pouvoir sur les âmes humaines auraient inventé de toute pièce !
A ce titre, il est intéressant d’observer une discussion autour d’une table, dès lors que s’affrontent les opinions aussi divergentes que celles par exemple d’un homme du clergé, un athée, un philosophe, un commerçant, un citoyen croyant et un autre non-croyant ! Le prêtre dira en substance que tout est matière de foi et que l’homme a besoin d’une foi pour exister, pour espérer. Il ne s’arrêtera pas sur les contradictions des évangiles ou les réduira tout simplement à des styles de narration différents. En fait il sait qu’il ne dispose d’aucune explication plausible et crédible pour tous. Pour l’athée, Noël a été inventé pour assujettir les croyants. Un moyen d’aliénation qui existe depuis la mystification attachée pour lui à l’idée de l’existence d’un Dieu et encore plus celle concernant un fils qu’il aurait envoyé parmi les hommes. Le philosophe, selon qu’il sera croyant ou non, s’efforcera de démontrer que la transcendance, selon E. Kant, restera toujours du domaine du subjectif et de l’irrationnel. Le philosophe non-croyant ajoutera qu’il envie les hommes capables de « croire en une transcendance » car cela leur permet de vivre sans crainte même si le tout reste évidemment une illusion !
Le commerçant quant à lui, se positionnera dans la seule perspective de la « fête qui permet de faire plaisir aux autres…et à soi-même, étant donné que la tradition exige un échange de cadeau. Toute fête, religieuse ou laïque, reste un bon prétexte pour faire des affaires.
Le citoyen ordinaire se positionnera selon sa croyance ou non croyance. Le croyant s’appuiera sur une belle tradition dans laquelle il a vécu dès la prime enfance au contact de ses parents et qu’il continue à perpétuer. Noël, malgré toutes les servitudes qui s’y rattachent et les critiques qu’il suscite, garde pour beaucoup le caractère du merveilleux, du magique, auquel on ne voudrait pas renoncer. Le citoyen non-croyant ou agnostique verra, peut-être avec quelque irritation, un prétexte pour festoyer avec des amis et céder aux folies de Noël. Dans notre société de consommation engluée dans le matérialisme, le caractère spirituel attaché originellement à cette fête, perd de plus en plus en valeur. Que faire ?
Qui a raison parmi les « intervenants » de notre réunion imaginaire ?
Probablement chacun, selon « son angle de vision », «son point de vue » ! Mais finalement tous se retrouvent devant la même impasse : aucun ne peut démontrer que son point de vue est le plus près de la vérité. Les églises dites chrétiennes sont face à un monde qui a énormément changé. Notre société est continuellement confrontée aux progrès et aux défis des sciences. Le savoir scientifique s’est développé prodigieusement et affiche chaque jour les fruits de ses découvertes. Les arguments et les résultats des sciences sont bien plus directs et convaincants que ceux proposés par les religions. La conscience de l’homme contemporain a beaucoup évoluée. Au contact de la science et de la réalité matérielle, l’esprit humain est devenu plus critique et plus libre. L’homme d’aujourd’hui ne veut plus seulement croire : il veut comprendre. La spiritualité n’échappe pas à ce phénomène. Cette dernière peut-elle être « scientifique » ou est-t-elle condamnée à rester dans une subjectivité rassurante ? Un vieux thème philosophique s’affiche :
Peut-on (re)-concilier science et spiritualité ? Peut-on initier une « science spirituelle » qui satisfasse l’intelligence et le cœur ? La raison et l’esprit ?
Le grand philosophe, maître à penser visionnaire autrichien Rudolf Steiner (1861-1925) a initié une « science de l’esprit » qu’il a intitulé Anthroposophie (=la sagesse de l’homme). Son œuvre, très mal connue en France aborde tous les domaines de la vie sociale et de la spiritualité. Il expose dans son enseignement ses méthodes de travail et le résultat de ses recherches qui ouvre des perspectives nouvelles dans tous les domaines.
Rudolf Steiner a aussi analysé scrupuleusement les évangiles et consacré une grande partie de son enseignement à la Christologie. Les résultats de ses investigations apportent une réponse à toutes les questions évoquées plus haut. Ces connaissances apportent une lumière nouvelle sur le « Mystère de Noël », pour toutes celles et ceux qui veulent « comprendre ». Les textes de Rudolf Steiner sont aujourd’hui traduits dans toutes les langues usuelles et accessibles à tous. Il existe sur internet, divers sites consacrés à Rudolf Steiner (tenants et adversaires, bien entendu, à chacun de se positionner, en toute liberté). Nous recommandons aussi le site radher.free.fr (intitulé :
L’Anthroposophie et l’avenir du Christianisme) qui , dans le cadre de l’enseignement de Rudolf Steiner, présente un de ses élèves intimes qui a lui-même exposé magistralement l’œuvre du Maître : H.E. Lauer.
Une lecture attentive des livres de R. Steiner et de H.E. Lauer nous fait prendre conscience des problèmes de notre temps et entrevoir les possibilités offertes pour y trouver les remèdes appropriés.
La réponse à notre question : Noël est-il une réalité ou une mystification, la science spirituelle proposée par Rudolf Steiner peut nous la donner, si nous le voulons. Car une recherche de la vérité revêt toujours un caractère personnel. Il faut que nous fassions l’effort de penser par nous-même. Dans une de ses conférences tenues à Dornach (Suisse) devant des ouvriers, le 16 juin 1923, R. Steiner dit : « …on peut constater que les hommes ont peu à peu cessé de penser par eux-mêmes, pour ne plus penser qu’au travers des pensées de ceux qu’ils considèrent comme des autorités. Il faut que les hommes réapprennent de nouveau à penser par eux-mêmes, que chacun se remette à penser par soi-même, sinon, surtout s’il ignore l’existence d’un monde spirituel, il sera sans cesse influencé, mais dans le mauvais sens » !
C’est par sa propre pensée, sa propre réflexion, que chaque individualité arrivera à comprendre, à la lumière de l’enseignement de Rudolf Steiner, la réalité du monde spirituel et des mystères qu’il recèle. Sous ce jour , Noël reprendra sa véritable signification : un évènement de joie et d’espérance ! Noël qui unit tous les hommes et qui nous rapproche aussi, en ce temps privilégié, de ceux et celles qui ont quitté la terre. Joie des cœurs, joie des âmes, celles des bergers qui ont « vu » le ciel ouvert et l’ange leur annonçant la « bonne nouvelle ». L’expression jubilatoire du Moyen-Age « Noël, Noël, Noël !! » reprendra aujourd’hui son vrai sens.