Posté le 12.03.2008 par spiritualite
[FONT=O Variations sur le thème :
« Donner un sens à sa vie… »
Les expressions populaires sont souvent porteuses, sans que l’on ne le saisisse immédiatement, d’un sens profond et d’une grande sagesse. Mais souvent, dans la vie quotidienne, ces expressions sont formulées comme des automatismes verbaux dont on ne creuse pas la véritable signification. Qui n’a, par exemple, au cours de sa vie, lu, entendu ou dit : « il faut donner un sens à sa vie »…Que signifie cette courte phrase ? De prime abord elle signifierait que la vie par elle-même n’aurait pas de sens ! Cela apparaît immédiatement comme une absurdité évidente, car sans la vie, nous ne serions pas, nous n’existerions pas ! Alors que peut-on bien vouloir sous-entendre par « donner un sens » ?
Le terme « sens »peut avoir diverses significations, diverses connotations. Ainsi « donner un sens à sa vie » pourrait exprimer l’idée de vouloir trouver et comprendre la raison d’être de la vie, de « notre vie ». Qu’est-ce que la vie ? Pourquoi mon être est-il tributaire de la vie ? Mon être ne s’inscrit-il que dans les limites définies par la vie elle-même ou dépasse-t-il cette frontière ? La définition de mon être se réduit-elle à n’être qu’une des expressions de la vie qui dépasse tout cadre individuel ? Quelle est ma raison d’être ?
Le terme de sens est toujours relié à la nécessité de connaissance. Ne dit-on pas que l’homme, normalement, est doté de cinq sens par lesquels il a un accès au monde qui l’entoure ? Sans ces sens il n’aurait nulle connaissance du monde physique dans lequel il vit. Par conséquent, ces cinq sens contribuent aussi à donner un sens à sa vie ! Mais ces « aptitudes » nous sont tellement inhérentes, qu’elles ne nous sont pas toujours conscientes…sauf si l’un de nos sens nous fait défaut ! Une prise de conscience immédiate sur cette réalité devrait nous animer d’une grande gratitude de ce « cadeau » de la vie, devrait nous réjouir et déjà, dans un premier temps aussi donner « du sens à notre existence »…
Mais le terme de sens est encore associé autrement à l’être humain. Ainsi parle-t-on du « sens commun », où l’on sous-entend que tout être humain normal peut comprendre immédiatement et sans effort certaines choses, certains évènements. Ce qui « tombe sous le sens » signifie que cela prend le caractère d’une évidence pour tout homme, sans qu’il y ait le besoin d’explications complémentaires. Mais le sens commun suffit-il à donner du sens à ma vie, à chaque vie individuellement ? L’expérience quotidienne nous prouve que non : la valeur de l’existence humaine, si l’on veut sortir de la théorie, est toujours définie subjectivement car l’appréciation reste purement individuelle.
L’expression « donner un sens » peut aussi signifier indiquer une direction, s’engager sur une route choisie.
Cela suppose un choix vraiment personnel basé sur une réflexion préliminaire. Pour cheminer, on ne peut s’engager dans « des sens », cela serait impossible et absurde. Certes, on peut éventuellement en cours de route prendre un autre sens ou un nouveau chemin…Le risque étant, qu’à force de changer trop souvent de « sens » on tourne en rond et on n’aboutit nulle part !..Ce qui est certain c’est que la direction que je vais emprunter découle de mon choix. Prendre une direction implique de savoir où l’on se trouve et où on veut aller. Pour l’être humain ces questions et les réponses qu’il y donne sont déterminantes. Pourquoi ? Parce que « donner un sens à sa vie » induit des questions essentielles :
1) quelle est ma place dans la vie, où suis-je ?
2) Qui suis-je ? D’où est-ce que je viens ?
3) Où est-ce que je vais ? Je sais que tous les hommes sont mortels…La mort physique est-elle la fin de « l’aventure humaine » ?
Ma réflexion première sera donc axée sur la place que je tiens dans la vie (cadre environnemental, social, culturel, religieux ou laïc, politique etc.. et la fonction, ma raison d’être là où je me trouve). Pour connaître l’origine de mon être, cela devient bien plus compliqué. Deux options s’offrent à moi : soit je me limite au cadre matérialiste, physique, perceptible ou je choisis un cadre autre, d’ordre spiritualiste ou religieux traditionnel. En toute logique, le choix que j’aurais fait déterminera pour moi, mon futur, tel que je l’imagine…
Qu’est-ce que cela signifie pratiquement ? Pour un matérialiste, pour lequel la seule réalité est physique, pour le scientifique actuel qui s’inscrit dans la même vision, « donner un sens à sa vie » revient à profiter de la vie, qui impose sa propre dynamique. Le monde physique se définit par des lois dont les scientifiques, au fil du temps, ont découvert les mécanismes. Tout se définit dans une logique de cause à effet analysable : tout est déterminisme. Et l’être humain s’inscrit dans cette logique. Certes il pourra avoir, grâce aux sciences, la possibilité d’agir éventuellement sur les mécanismes de la vie par la médecine, l’hygiène de vie etc. mais l’homme, réduit à sa dimension physique, est soumis aux règles inhérentes à la nature humaine . Sous la vision matérialiste, l’être vivant est le fruit du « hasard et de la nécessité » (Monod) qui sont les moteurs de l’évolution sur terre. Pour l’individu, cela signifie que sa vie physique (seule réalité pour le scientifique) sera toujours déterminée par ses gènes, par l’hérédité et conditionné par l’environnement géographique, social, parental etc. Si l’individu a la « chance » de ne pas être victime d’une famine, d’une guerre, d’un accident, d’un cataclysme, ce seront ses gènes qui détermineront les maladies qu’il aura à subir, la durée de vie probable.
Dans ce cadre de non liberté tracé par la vision matérialiste, le seul « sens de vie » possible sera celui inscrit dans une « jouissance forcenée de la vie », selon l’adage : on n’a qu’une vie, il faut en profiter pleinement...En occident cela se traduit essentiellement dans une frénésie de consommations sous toutes les formes. Aucune transcendance n’étant envisageable, l’idée d’une éthique devient symbolique : morale épicurienne ou encore « morale citoyenne » réduite pour proposer un minimum « d’art de vivre ».
La vision spirituelle ou religieuse introduit d’autres critères, car elle présuppose une finalité de la vie, un sens de la vie. Sous cette optique, l’être humain est « créature » d’une puissance transcendante appelée communément Dieu. L’être humain n’est plus le fruit du « hasard », mais l’œuvre d’amour de Dieu, qui s’exprime à travers lui. L’homme a été créé volontairement et dans un but précis. Cette approche relève du domaine de l’intangible. C’est le domaine de la religion, de la croyance, de la foi. Les religions sont propres à toutes les cultures, présentes et passées. L’appartenance d’un individu à une religion qui s’inscrit le plus souvent dans une tradition, un cadre familial, une culture précise, lui impose des règles de vie, de comportements dans une volonté affirmée de respecter les lois divines. Cela pour s’assurer la protection de Dieu et pouvoir espérer en une vie éternelle.
Cette vision confère à la vie de tout être un « sens » dans toutes les acceptations du terme : elle répond à ses questions sur ses origines, sa raison d’être, ce que doit être son comportement dans la vie et le but à atteindre. La vie devient une aventure formidable où une infinité de choses et d’évènements sont à découvrir, où l’être humain vit au sein d’une humanité où il peut apprendre à connaître les autres et par là aussi réfléchir sur la nature de sa propre identité. On comprend aisément que la représentation du sens de la vie proposée par une religion est bien plus séduisante, plus intéressante car elle « donne un sens » à la vie. Cela nourrit nos espérances et nous aide à supporter les épreuves que peut apporter une vie sur terre. Cela explique dans une large mesure, que les individus qui adhèrent à une croyance, une foi, sont mieux armés pour affronter la vie.
Le seul problème est qu’une foi ne se décrète pas, ne s’impose pas, car il s’agit d’une représentation, d’une conviction toute subjective, toute personnelle. De ce fait même elle est aléatoire, irrationnelle et irréaliste pour toute personne animée d’une vision scientifique ou matérialiste. Les sociologues verront dans le choix religieux un moyen d’échapper à l’angoisse existentielle inhérente à la condition humaine : l’être humain s’invente une transcendance pour se rassurer, pour pouvoir espérer échapper à la fatalité de la mort inscrite dans ses gènes.
La vie a-t-elle un sens ? Dans le tumulte et les astreintes de la vie quotidienne, peu de gens se pose cette question. On est entraîné dans le tourbillon des problèmes de toutes sortes qui nous assaillent et qui nous obligent à chaque instant de nous concentrer sur l’immédiat. En général, l’individu ne s’interroge que lors d’évènements très graves auxquels il doit faire face. Si tout va bien, la vie se conjugue facilement avec des connotations de joies, de plaisirs, de jouissances. Lors d’épreuves, notre vie peut très rapidement perdre tout sens. Les conséquences immédiates se nomment souvent dépressions voire suicides. Il suffit de consulter les statistiques effrayantes qui prouvent qu’une large proportion de notre population, tous âges confondus, est victime de ce sinistre phénomène. On est confronté ici à un symptôme évident des malaises de notre société actuelle : une vie dénuée de sens pousse l’individu à son autodestruction.
Le sens de la vie, tel que nous l’avons évoqué plus haut, ne peut être décliné, apparemment, que selon deux approches : la vision matérialiste (scientifique) basée sur la réalité physique ou la vision religieuse (irrationnelle) basée sur la croyance, la foi. Cette dernière est complètement subjective et par là, hypothétique. Le scientifique peut « prouver » (c. à d. soumettre à l’expérience accessible à tous) ce qu’il affirme. Le croyant ne peut rien prouver : la foi qu’il s’est construite lui suffit comme « preuve ». En prenant de la hauteur, on pourrait affirmer : le scientifique ne peut prouver que le monde matériel, dans l’absolu, est la seule et l’ultime réalité envisageable et le croyant ne peut prouver que sa croyance en un monde spirituel est fondée sur une réalité…Alors que penser ?
Science et religion sont-elles antinomiques et irréconciliables ?
Le grand penseur, philosophe et visionnaire Rudolf Steiner (1861-1925) affirme que cela est possible. Comment ? Il décrit dans un de ses ouvrages intitulés « Comment acquérir des connaissances sur les mondes supérieurs ? » par quelles expériences chaque être humain peut accéder, en pleine conscience, à la connaissance « des mondes supérieurs », appelés communément « le monde spirituel ». Selon lui, le monde matériel physique n’est qu’une partie d’un ensemble infini situé dans des mondes suprasensibles dont l’accès n’est possible que sous certaines conditions qu’il décrit avec la plus grande précision. L’existence d’un monde spirituel ne peut, vu sa consistance, être vérifiée, prouvée, à l’aide des mêmes instruments que ceux qui s’appliquent au monde matériel. L’expérience de l’existence de « mondes » autres que terrestres ne peut être « démontrée » du dehors, elle doit être vécue –individuellement- du dedans. Celui ou celle qui a accédé par sa propre expérience au monde spirituel, n’a plus besoin d’une preuve, puisqu’il s’agit d’un vécu personnel.
Cette expérience du suprasensible est possible grâce à la faculté du « penser humain ». Cette possibilité n’est pas limitée au contexte physique, matériel, mais peut, sous certaines conditions, s’étendre au-delà pour accéder à la connaissance des « mondes supérieurs » qui sont les racines véritables du monde physique auquel nous appartenons. La pensée humaine peut encore aller au-delà de l’expérience de Descartes, du « cogito, ergo sum » (je pense, donc je suis) : analyser la nature des « idées » que perçoit ma pensée, chercher ce que « réfléchir » signifie. Qui est ce « je » qui pense ? Est-ce le « moi » qui crée les pensées ou ma « réflexion » n’est-elle que le reflet d’une réalité non physique… spirituelle ? Faire peut-être l’expérience « spirituelle » de mon être profond, de mon identité véritable. Il va de soi que, si l’expérience individuelle de sa propre nature spirituelle et de l’existence du monde spirituel est accessible à l’être humain, cela peut « réconcilier science et religion ». Cela démontrerait que la science, sous certaines conditions, peut étendre son champ d’investigation bien au-delà des réalités matérielles, jusqu’à accéder au monde spirituel. C’est ce que Rudolf Steiner a fait en initiant « la science spirituelle » (Anthroposophie). Les fruits de ses recherches qui se sont étendues à tous les domaines de la vie, ont été exposés par lui dans des centaines de conférences, des livres (plus de 450 titres tous disponibles à ce jour et traduits dans beaucoup de langues). Les recherches que Rudolf Steiner a effectuées au sein du monde spirituel, l’ont confronté à l’existence d’êtres spirituels dans ces sphères. L’entité la plus importante pour l’être humain est celle qu’il est convenu d’appeler le Christ, le Logos, le « Fils de Dieu ». Le Christ que décrit Rudolf Steiner, à travers son immense œuvre, est infiniment plus « cosmique » que celui présenté habituellement au sein des religions chrétiennes. Le Christ est l’initiateur, l’accompagnateur, le « sens » de l’être humain : le Christ porte le « projet humain » à travers toutes les cultures, tous les âges, vers une plénitude. L’homme s’inscrit dans un « devenir » constant et au travers de ses incarnations successives. Il parcourt ainsi toute l’histoire humaine, élargissant sans cesse son niveau de conscience, participant à la grâce divine, pour devenir toujours plus libre, plus conscient de ses responsabilités, des devoirs inhérents à sa propre nature spirituelle et son appartenance à la famille humaine toute entière.
Il devient évident que si on s’inscrit dans une « initiation » telle que Rudolf Steiner la propose à tout homme, l’autoéducation individuelle portée par la grâce divine, les nouvelles connaissances acquises peuvent, dans cette perspective, répondre à nos questions existentielles : qui suis-je ? Quelles sont mes origines ? La réponse à ces deux questions induiront logiquement les réponses à mes autres questions : quel est le sens de la vie ? De la mort ? L’immortalité est-elle réaliste ?
Faut-il donner un sens à notre vie ? A cette question, chacun(e) devra répondre individuellement, en toute liberté. Si je n’éprouve pas la nécessité de cette démarche, c’est que j’estime que la vie telle qu’elle est, suffit à ma curiosité et à mes besoins. Ceux et celles qui disent qu’il faut donner un sens à leur vie s’inscrivent dans une autre démarche : quelque chose en eux les poussent à vouloir comprendre le sens de leur existence qui, de par la nature physique de leur constitution, est forcément limitée. L’être humain est, par essence, un être qui pense, qui s’interroge. Alors forcément, à certains moments de la vie, confronté à des difficultés, il sera amené à se poser des questions…Deux possibilités s’offrent à lui : soit il estimera que de toutes façons il lui est impossible de trouver la réponse à ses questions et il « pensera vite à autre chose » soit il se mettra en quête de réponses, en y mettant le temps.
Le thème « donner un sens à sa vie » peut donc se conjuguer de différentes manières et reflètera la vie intérieure de chaque individualité. Pour l’être humain, le besoin de savoir est inscrit dans sa nature profonde. C’est la raison d’être de la recherche scientifique. Pourquoi cette recherche serait-elle réservée aux seuls scientifiques qui se limitent au monde matériel ? Qu’est-ce qui nous interdit d’aller au-là de cette frontière, sinon nous-mêmes ? A travers son œuvre, Rudolf Steiner nous offre, en toute liberté, d’essayer d’aller plus loin, « plus haut ». Chaque individualité a cette possibilité, il suffit de le vouloir. La littérature de Rudolf Steiner peut aujourd’hui être accessible par internet. Les personnes qui voudraient découvrir une image approfondie du Christ, peuvent lire les ouvrages d’un élève de R. Steiner, le Dr. H.E. Lauer, dont un des livres essentiels porte le titre « L’Anthroposophie et l’avenir du christianisme ». Cet ouvrage, épuisé depuis longtemps, sera, très prochainement réédité. Les internautes pourront aussi consulter un site consacré à cet auteur et à cet ouvrage : radher.free.fr
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Posté le 23.12.2007 par spiritualite
Noël : une réalité ou une mystification ?
L’année s’achève par les fêtes de Noël et de nouvel an…Une fois de plus l’actualité s’empare de cette opportunité pour proposer, par tous les médias possibles, toutes sortes de produits et de services.
Aujourd’hui, beaucoup de nos concitoyens sont stressés à l’approche de Noël : c’est la course à la consommation. Il s’agit de trouver le cadeau qui fera plaisir et d’éviter des déceptions qui seraient ressenties comme des échecs personnels…Cette période de l’année devient dès lors, pour tous ceux qui en ont les moyens, une course pour trouver tout ce qui est censé garantir le côté festif de l’évènement.
Les programmes télé, internet, les publicités de toute nature, proposent à longueur de journée une multitude de produits « indispensables » pour Noël. Il suffit de visiter une grande surface pour se faire une idée de ce que représente Noël pour le plus grand nombre : consommer, consommer et encore consommer, du moins pour ceux qui disposent des moyens financiers nécessaires. Il devient aussi évident que dans notre société en crise où beaucoup de gens vivent au seuil de la pauvreté ou carrément dans la misère, la fameuse « fracture sociale » se dessine de plus en plus…
La fête de Noël n’est-elle plus qu’un prétexte, un argument de consommation ? Une mystification ? Analysons les racines de ce phénomène : à l’origine, cette fête ne concerne que le monde chrétien.
On sait que pour les premiers chrétiens, la fête la plus importante était Pâques, parce qu’elle célébrait la résurrection de Jésus-Christ mort sur la croix. La naissance de Jésus n’est devenue fête que bien plus tard et était fêté le 6 janvier. Par la suite l’occident a repris la date du 25 décembre, jour qui avait été célébré par le « monde paien » qui vivait au rythme des solstices. La tradition de la crèche de Noël est très tardive et date du Moyen-Age (12e-13ème siècle/François d’Assise). Il devient dès lors évident que la « tradition de Noël » n’a pas de base historique établie et vérifiable. Pour le monde chrétien la seule référence à l’évènement de la naissance de Jésus, se trouve dans deux des quatre évangiles qui fondent la foi chrétienne : celui de Matthieu et de Luc. Or le contenu des évangiles (traduction : la bonne nouvelle) avait été, au départ, transmis oralement et rédigé bien plus tard. Ces « références » sont donc très facilement contestables et sont en fait aussi contestées par tous ceux et celles qui ne sont pas des « croyants ». Un contenu de croyance, de foi, est par essence, d’ordre subjectif et n’a aucun poids scientifique.
La narration de la naissance de Jésus devient d’autant plus problématique que, à la lecture attentive des évangiles de Luc et de Matthieu, des contradictions flagrantes apparaissent. Les généalogies divergent, les lieux aussi (pour l’un Marie et Joseph habitent à Nazareth et vont à Bethléem pour le recensement, c’est là que Marie accouche. Pour l’autre le couple apparemment habite déjà à Bethléem et Marie accouche en ce lieu..). L’évangile de Luc parle de la « crèche » dans l’étable où Marie accouche, faute d’avoir trouvé une place dans l’auberge. Il y est aussi question des bergers qui sont les témoins du l’évènement…Aucune trace de cela chez Matthieu qui lui, narre la visite des mages d’Orient..). Il devient clair que pour un « esprit cartésien » tous ces récits relèvent de la pure imagination et ne sont, de ce fait, pas crédibles. Plus encore, bien des gens s’irritent de cet état de fait et pensent qu’il serait grand temps de mettre fin à ce « mensonge » que les gens d’églises attachés à leur pouvoir sur les âmes humaines auraient inventé de toute pièce !
A ce titre, il est intéressant d’observer une discussion autour d’une table, dès lors que s’affrontent les opinions aussi divergentes que celles par exemple d’un homme du clergé, un athée, un philosophe, un commerçant, un citoyen croyant et un autre non-croyant ! Le prêtre dira en substance que tout est matière de foi et que l’homme a besoin d’une foi pour exister, pour espérer. Il ne s’arrêtera pas sur les contradictions des évangiles ou les réduira tout simplement à des styles de narration différents. En fait il sait qu’il ne dispose d’aucune explication plausible et crédible pour tous. Pour l’athée, Noël a été inventé pour assujettir les croyants. Un moyen d’aliénation qui existe depuis la mystification attachée pour lui à l’idée de l’existence d’un Dieu et encore plus celle concernant un fils qu’il aurait envoyé parmi les hommes. Le philosophe, selon qu’il sera croyant ou non, s’efforcera de démontrer que la transcendance, selon E. Kant, restera toujours du domaine du subjectif et de l’irrationnel. Le philosophe non-croyant ajoutera qu’il envie les hommes capables de « croire en une transcendance » car cela leur permet de vivre sans crainte même si le tout reste évidemment une illusion !
Le commerçant quant à lui, se positionnera dans la seule perspective de la « fête qui permet de faire plaisir aux autres…et à soi-même, étant donné que la tradition exige un échange de cadeau. Toute fête, religieuse ou laïque, reste un bon prétexte pour faire des affaires.
Le citoyen ordinaire se positionnera selon sa croyance ou non croyance. Le croyant s’appuiera sur une belle tradition dans laquelle il a vécu dès la prime enfance au contact de ses parents et qu’il continue à perpétuer. Noël, malgré toutes les servitudes qui s’y rattachent et les critiques qu’il suscite, garde pour beaucoup le caractère du merveilleux, du magique, auquel on ne voudrait pas renoncer. Le citoyen non-croyant ou agnostique verra, peut-être avec quelque irritation, un prétexte pour festoyer avec des amis et céder aux folies de Noël. Dans notre société de consommation engluée dans le matérialisme, le caractère spirituel attaché originellement à cette fête, perd de plus en plus en valeur. Que faire ?
Qui a raison parmi les « intervenants » de notre réunion imaginaire ?
Probablement chacun, selon « son angle de vision », «son point de vue » ! Mais finalement tous se retrouvent devant la même impasse : aucun ne peut démontrer que son point de vue est le plus près de la vérité. Les églises dites chrétiennes sont face à un monde qui a énormément changé. Notre société est continuellement confrontée aux progrès et aux défis des sciences. Le savoir scientifique s’est développé prodigieusement et affiche chaque jour les fruits de ses découvertes. Les arguments et les résultats des sciences sont bien plus directs et convaincants que ceux proposés par les religions. La conscience de l’homme contemporain a beaucoup évoluée. Au contact de la science et de la réalité matérielle, l’esprit humain est devenu plus critique et plus libre. L’homme d’aujourd’hui ne veut plus seulement croire : il veut comprendre. La spiritualité n’échappe pas à ce phénomène. Cette dernière peut-elle être « scientifique » ou est-t-elle condamnée à rester dans une subjectivité rassurante ? Un vieux thème philosophique s’affiche :
Peut-on (re)-concilier science et spiritualité ? Peut-on initier une « science spirituelle » qui satisfasse l’intelligence et le cœur ? La raison et l’esprit ?
Le grand philosophe, maître à penser visionnaire autrichien Rudolf Steiner (1861-1925) a initié une « science de l’esprit » qu’il a intitulé Anthroposophie (=la sagesse de l’homme). Son œuvre, très mal connue en France aborde tous les domaines de la vie sociale et de la spiritualité. Il expose dans son enseignement ses méthodes de travail et le résultat de ses recherches qui ouvre des perspectives nouvelles dans tous les domaines.
Rudolf Steiner a aussi analysé scrupuleusement les évangiles et consacré une grande partie de son enseignement à la Christologie. Les résultats de ses investigations apportent une réponse à toutes les questions évoquées plus haut. Ces connaissances apportent une lumière nouvelle sur le « Mystère de Noël », pour toutes celles et ceux qui veulent « comprendre ». Les textes de Rudolf Steiner sont aujourd’hui traduits dans toutes les langues usuelles et accessibles à tous. Il existe sur internet, divers sites consacrés à Rudolf Steiner (tenants et adversaires, bien entendu, à chacun de se positionner, en toute liberté). Nous recommandons aussi le site radher.free.fr (intitulé :
L’Anthroposophie et l’avenir du Christianisme) qui , dans le cadre de l’enseignement de Rudolf Steiner, présente un de ses élèves intimes qui a lui-même exposé magistralement l’œuvre du Maître : H.E. Lauer.
Une lecture attentive des livres de R. Steiner et de H.E. Lauer nous fait prendre conscience des problèmes de notre temps et entrevoir les possibilités offertes pour y trouver les remèdes appropriés.
La réponse à notre question : Noël est-il une réalité ou une mystification, la science spirituelle proposée par Rudolf Steiner peut nous la donner, si nous le voulons. Car une recherche de la vérité revêt toujours un caractère personnel. Il faut que nous fassions l’effort de penser par nous-même. Dans une de ses conférences tenues à Dornach (Suisse) devant des ouvriers, le 16 juin 1923, R. Steiner dit : « …on peut constater que les hommes ont peu à peu cessé de penser par eux-mêmes, pour ne plus penser qu’au travers des pensées de ceux qu’ils considèrent comme des autorités. Il faut que les hommes réapprennent de nouveau à penser par eux-mêmes, que chacun se remette à penser par soi-même, sinon, surtout s’il ignore l’existence d’un monde spirituel, il sera sans cesse influencé, mais dans le mauvais sens » !
C’est par sa propre pensée, sa propre réflexion, que chaque individualité arrivera à comprendre, à la lumière de l’enseignement de Rudolf Steiner, la réalité du monde spirituel et des mystères qu’il recèle. Sous ce jour , Noël reprendra sa véritable signification : un évènement de joie et d’espérance ! Noël qui unit tous les hommes et qui nous rapproche aussi, en ce temps privilégié, de ceux et celles qui ont quitté la terre. Joie des cœurs, joie des âmes, celles des bergers qui ont « vu » le ciel ouvert et l’ange leur annonçant la « bonne nouvelle ». L’expression jubilatoire du Moyen-Age « Noël, Noël, Noël !! » reprendra aujourd’hui son vrai sens.
Posté le 10.11.2007 par spiritualite
Dès l’aube de l’humanité la peur était présente dans l’âme humaine. Face aux forces de la nature, à un environnement hostile, l’être humain a très vite pris conscience de sa propre fragilité. Peur de l’inconnu, de la souffrance, de la mort. Les peuplades primitives conseillées par leurs anciens, ont alors instinctivement, poussées par une sorte d’atavisme, « fait allégeance aux dieux de la nature ». Le soleil, la lune, les étoiles, le tonnerre, la pluie etc. étaient pour leur conscience des « puissances » qui les dépassaient…Le fait de se concilier les bonnes grâces de ces forces supérieures apaisait leurs craintes et leur permettait de vivre dans l’espérance de leur protection.
Plus tard dans l’évolution humaine, les « guides » des différents peuples initièrent les religions , en établissant des règles de conduite, des lois sociales et morales inspirées par les puissances d’en-haut. Ces guides étaient des personnalités qui avaient suivi un chemin d’initiation tenu secret et adapté à un environnement géographique et à un peuple spécifique. Le livre « Les grands initiés » du grand écrivain français Edouard Schuré retrace magistralement l’histoire secrète des religions. Il y décrit Rama -le Cycle aryen-, Krishna -l’Inde et l’initiation brahmanique-, Hermès -les mystères d’Egypte-, Moïse -la Mission d’Israël-, Orphée -les mystères de Dionysos, Pythagore -les mystères de Delphes-, Platon -les mystères d’Eleusis- et pour finir Jésus -la mission du Christ-. Les « Mystères » de l’Antiquité étaient réservés à des individualités qui devaient répondre à certains critères et subir toutes sortes d’épreuves quant à leur endurance physique, psychologique, morale. A l’issu d’un enseignement secret qui pouvait durer de nombreuses années, l’élève initié était investi d’une mission religieuse, culturelle, pour un peuple spécifique. Il est intéressant de constater que Moïse qui avait pour mission d’instruire le peuple judaïque et le guider vers la « terre promise », avait été instruit dans les « mystères égyptiens ». Bouddha et la religion tibétaine s’inscrivent dans le cadre de l’initiation de l’Inde. On pourrait aussi évoquer la culture chaldéenne ou perse. L’avènement de « l’évènement christique » qui s’est déroulé en orient et qui a donné naissance au christianisme, a très fortement influencé la culture occidentale au point de devenir son calendrier de référence : notre histoire parle de dates avant et après Jésus-Christ. La religion de l’islam est venue plus tard, instaurée par le prophète Mahomet.
Dans toutes ces cultures, la spiritualité était présente sous différentes formes. Les hommes et femmes étaient convaincus que la terre où ils vivaient ne représentait qu’une part de la réalité. La certitude de leur fragilité et de leur mortalité inéluctable sur terre les poussait à croire à l’existence d’un « ailleurs » (ou ciel) où ils continueraient à vivre une vie éternelle et heureuse. Cette conviction leur permettait de surmonter les difficultés de la vie quotidienne et nourrissait leur vie intérieure.
Les alchimistes, les précurseurs des « savants », étaient convaincus que la matière n’était que l’aspect physique d’une réalité fondamentalement spirituelle. La transcendance était pour eux une certitude qu’il s’agissait d’étudier au contact du monde matériel et d’approfondir. La recherche de la « pierre philosophale » était aussi un chemin d’initiation, une « quête du graal », dans la terminologie du Moyen Age : une voie vers la connaissance de sa propre identité profonde. La pensée de l’alchimiste était dominée par l’idée que portait déjà les sages antiques dont Hermes Trismégiste : le microcosme et le macrocosme sont les deux aspects d’une même réalité. Pour lui la terre et ses créatures sont l’œuvre d’un démiurge de nature spirituelle (le Dieu créateur du monde, de l’univers selon Platon).
Au courant du 16ème siècle, au temps des découvertes des « nouveaux continents », quand les sciences prennent leur essor grâce aux inventions tels le microscope ou le télescope, les savants commencent à s’intéresser « scientifiquement » à l’infiniment petit et grand. La curiosité s’éveille et l’émerveillement reste associé à un respect pour tout ce qui existe. Cette approche reste accompagnée, pour le plus grand nombre, d’une croyance en une transcendance, à l’existence d’une réalité spirituelle invisible à l’oeil humain, mais cependant plus que probable. Même un Voltaire, par ailleurs très critique envers les religions, parlait encore du « grand horloger » qui règle les lois de l’univers.
Puis, peu à peu, le savant limite sa « certitude » à celle définie par sa méthode de travail axée sur la matérialité. Les méthodes d’investigation évoluent rapidement et conduisent à des progrès impressionnants. La pensée scientifique porte beaucoup de fruits. Le progrès change la vie des hommes mais aussi, radicalement, l’approche de la spiritualité. Alors qu’autrefois la spiritualité faisait partie de la vie quotidienne et n’était guère mise en doute, la société occidentale devient peu à peu matérialiste. Depuis E. Kant la spiritualité est laissée à l’appréciation individuelle non scientifique : c’est le domaine de la croyance, de la foi.
Au 20ème siècle, surtout après la deuxième guerre mondiale, la science s’est étendue à tous les domaines de la vie sociale. Elle est devenue incontournable et son approche matérielle justifiée a fait reculer de plus en plus la spiritualité. Les sciences n’ont plus à prouver leur utilité et leur efficacité. Dès lors, l’existence d’une « métaphysique », d’un « monde spirituel » est devenue plus qu’hypothétique. Pour un grand nombre de personnes, les écrits sacrés des grandes religions sont relégués au rang de documents certes intéressants mais aussi très contestables. L’homme moderne est devenu un « Thomas » (évoqué dans les Evangiles) actualisé : il ne croit que ce qu’il voit ! La seule réalité pour lui est celle de la matérialité et du monde tangible. Comment « croire » à un Dieu démiurge que personne n’a jamais vu, hormis quelques « illuminés » dont le témoignage ne vaut que pour eux seuls ?...
Au début de notre 21ème siècle, la radicalisation des points de vue est devenue encore plus apparente : les religions souvent désertées se réfugient de plus en plus dans le conservatisme, parfois l’intégrisme. Le monde matérialiste au fil de sa progression vertigineuse a généré un nombre incalculable d’athées et dans le meilleur des cas d’agnostiques. A la place des religions qui marquaient autrefois la vie sociale, la pensée scientifique a pris la relève, avec ses propres visions, ses propres interprétations, ses propres dogmes. Bien des personnes, aujourd’hui, placent tous leurs espoirs, leur avenir, dans la science. Cette dernière promet des avancées dans tous les domaines : la médecine, la psychologie, la psychiatrie, l’éducation, l’alimentation, la production et la gestion des richesses. A tout moment, grâce à toutes sortes d’évaluations chiffrées -preuves considérées comme irréfutables et absolues dans le monde contemporain- on confère une sorte de réalité à ce qui est du domaine encore très hypothétique. En fait, dans cette approche, l’évaluation chiffrée revêt un statut équivalent à la vérité.
Il ne s’agit ici nullement de porter un jugement unilatéral et définitif sur cet aspect du monde actuel, plus précisément de l’occident. Mais il faut caractériser les faits et étudier leurs conséquences sur la vie sociale. Un des symptômes indéniables d’une crise dans la société actuelle est le nombre sans cesse croissant de maladies psychiques diverses, de dépressions, de suicides. Dans tous les domaines de la vie sociale éclatent des révoltes, des manifestations pour toutes sortes de causes que nous apprenons au travers des médias. Le dénominateur commun à tous ces phénomènes a un nom : la peur. Elle marque de son empreinte de plus en plus de gens, pour des raisons diverses et compréhensibles : peur de l’avenir, de la maladie, de la mort, du chômage, du surendettement, de la guerre, de la pénurie etc. Malgré une médecine qui a fait d’énormes progrès et qui en promet encore de plus importants dans l’avenir, malgré les statistiques qui prouvent l’allongement constant de la durée de vie, la peur n’a pas été éradiquée ou même atténuée. Le doute reste permanent : n’avait-on pas affirmé au début du siècle dernier déjà, que le progrès ouvrirait à toute l’humanité des horizons nouveaux, un avenir où toutes les maladies seraient éradiquées, où les machines travailleraient pour les hommes et que ces derniers connaîtraient un bonheur parfait…Or l’actualité démontre tout le contraire : les sciences sont souvent devenues les auxiliaires volontaires ou involontaires d’un monde où l’avidité du profit matériel, l’incitation à la consommation sont devenues prioritaires. Le résultat désastreux est plus apparent chaque jour. Par une concurrence acharnée préconisée par une économie en quête permanente de profits, la société se déshumanise, les menaces d’affrontements entre ceux qui possèdent et ceux qui sont démunis promettent des lendemains difficiles. La peur s’installe à tous les niveaux de la société et devient un enjeu politique majeur.
S’il est avéré qu’autrefois les populations connaissaient aussi des peurs, des temps très difficiles où sévissaient des maladies, des épidémies, des famines, des guerres, la société vivait cependant dans une autre culture, une autre approche des difficultés de la vie. Le plus grand nombre adhérait encore à une religion, une foi, une croyance qui, à défaut de leur promettre le paradis sur terre, leur donnait une espérance en une éternité, un au-delà où les bons seraient récompensés et les méchants punis. Cette vision les aidait à vivre et à supporter les aléas d’une existence difficile et sans cesse menacée. Le matérialisme de notre temps a focalisé l’attention d’une majorité de femmes et d’hommes de notre société sur la réalité matérielle devenue seule digne d’attention. La conséquence inévitable c’est la négation des réalités non matérielles, non tangibles et une vie intérieure qui n’est plus que le triste reflet de la vie de tous les jours avec ses tristesses et ses désespérances. L’âme humaine, dans un monde où règne uniquement une vision matérialiste de l’existence, est réduite à n’être perçue que comme une résultante de la vie organique. A ce titre, ce que le commun des mortels appelle « âme » peut être influencée par la psychologie, l’utilisation de psychotropes. Sous cet aspect, la spiritualité, la transcendance deviennent superflues. Pour ceux qui mettent toute leur espérance dans le pouvoir de la science, la seule « immortalité » qui reste, dans un avenir lointain, est la promesse d’une éventuelle modification génétique de l’être humain qui lui permettrait de vivre éternellement. Cet « espoir » a-t-il assez de pouvoir pour aider l’homme d’aujourd’hui à affronter les difficultés de l’existence ? Il est permis d’en douter.
Le grand penseur visionnaire autrichien Rudolf Steiner (1861-1925) avait vécu le tournant de la société du début du 20ème siècle qui, emportée dans l’euphorie des triomphes de la science sans cesse grandissante, a peu à peu glissé dans une vision matérialiste des êtres et des évènements. Il avait analysé en profondeur tous les risques de ces changements. Son enseignement qui a abordé tous les domaines de la vie sociale, a souligné que l’être humain n’était pas seulement un être matériel mais avant tout un être spirituel incarné dans un monde matériel. Il a proposé un chemin d’initiation permettant de comprendre cette réalité. Il a aussi indiqué des voies qui permettraient de renouveler la vie sociale sous tous ses aspects, en tenant compte de la véritable nature de l’être humain. Sa vie intérieure, « ce qui l’anime », son âme, déterminent son attitude dans la vie de tous les jours. Selon que son âme est nourrie de « bonnes visions », de sentiments nobles, d’amour, elle donnera à l’individu une sécurité intérieure, une sérénité, une attitude positive face aux réalités du quotidien. Si cette âme est nourrie d’images non positives pour l’être humain ou si elle est vide de toute forme de spiritualité, elle devient malade et les symptômes extérieurs de ce disfonctionnement se révèleront dans des formes d’agressivité, de violence, toutes deux expressions conscientes ou inconscientes de la peur. Face aux défis de notre temps, il est indispensable, selon Rudolf Steiner, que l’être humain découvre sa véritable identité profonde, qui est d’essence spirituelle. L’anthroposophie, initiée par lui, appelée aussi la science de l’esprit, propose un enseignement accessible à tous, pour comprendre le monde qui nous entoure et les êtres qui y vivent. Il est regrettable que l’œuvre de Rudolf Steiner soit encore ignorée par beaucoup de nos compatriotes. Loin de nier les bienfaits des sciences, ce penseur et initié en souligne la nécessité pour que les individualités exercent leur prise de conscience et l’élargissent progressivement. Il souligne que le passage de la société par une vision matérialiste est justifié et même nécessaire pour que la pensée humaine en perçoive l’étendue et aussi les limites. Après cette étape nécessaire à son développement, l’être humain doit peu à peu faire l’expérience que la seule vision matérialiste laisse son âme inassouvie. Ce vide dans l’âme peut conduire à la dépression voire au suicide, ces fléaux de notre temps qui sévissent à tous les âges de la vie. L’Anthroposophie peut ouvrir notre conscience sur des aspects nouveaux de l’être humain et de ses véritables origines. Cette connaissance nouvelle qui touche l’essence de notre être peut changer notre vision de la vie et nous donner la force nécessaire pour devenir avec les autres, des bâtisseurs d’avenir. Il s’agit d’affronter les défis de la vie, sans peur, en décelant derrières les phénomènes du temps, les ressorts d’une humanité en évolution constante. Celle-ci est appelée à devenir de plus en plus consciente sur les exigences du monde actuel pour agir pour le bien de tous, en respectant la terre sur laquelle nous nous incarnons et que nous devons préserver car elle nous été « prêtée » par des « entités spirituelles » pour que nous puissions y évoluer. Au centre de son enseignement, Rudolf Steiner a exposé dans de nombreuses conférences, la nature et l’importance de l’entité spirituelle que le monde chrétien appelle « Christ ». Loin d’être la propriété exclusive du monde chrétien, cette entité a une importance pour toute l’humanité.
Un élève proche de Rudolf Steiner, Hans Erhard Lauer (1899-1979) a appliqué les méthodes d’investigation et de recherche proposées par l’Anthroposophie dans divers domaines de la vie sociale et montré qu’elles ouvraient des possibilités nouvelles et nombreuses pour solutionner les problèmes de notre temps. Son livre « L’anthroposophie et l’avenir du christianisme », qui reprend l’enseignement de Rudolf Steiner, expose clairement la place que tient le Christ dans l’évolution de l’humanité. Dans cette démarche, il rejoint les recherches de Teilhard de Chardin, en allant néanmoins bien plus loin que lui, en abordant la question très controversée de la réincarnation. Son étude, en se basant sur l’analyse de Rudolf Steiner, va bien au-delà de l’histoire du christianisme, de la chrétienté, pour exposer que « l’impulsion christique » concerne tous les êtres humains, qu’ils en aient conscience ou non. Pour celles et ceux qui voudraient approfondir cette question essentielle, nous conseillons vivement le site radher.free.fr intitulé « Anthroposophie et Christianisme » qui donne des renseignements détaillés sur l’auteur et son livre.
Les paroles du pape Jean-Paul II, reprises par bien d’autres (dont des hommes politiques) : « n’ayez pas peur » (qui sont à l’origine les propos de Jésus-Christ, selon les évangiles), sont plus que jamais d’une actualité brûlante. La question primordiale est de savoir comment surmonter la peur ? L’œuvre de Rudolf Steiner répond parfaitement à cette préoccupation. Libre à nous de saisir cette opportunité.
Posté le 09.09.2007 par spiritualite
Tel monsieur Jourdain de Molière qui s’étonnait de « faire de la prose sans le savoir », nous utilisons notre conscience sans souvent nous en rendre compte ! Or notre prise de conscience est un facteur essentiel dans notre vie. En effet, pendant que nous dormons, nous n’avons pas conscience… Notre conscience de veille est bien différente de notre conscience de rêve…sinon nous n’aurions pas conscience d’avoir rêvé ! Cela n’est-il pas quelque peu curieux ? Pris dans le flux du quotidien, nous ne nous posons pas ces questions : tout va de soi, la vie est ainsi faite que « l’homme fonctionne ainsi »…
Or tout cela est-il tellement banal ? En quoi consiste en fait notre « conscience » ? Elle est l’aboutissement d’un mécanisme qui semble simple, mais qui est en réalité bien plus complexe. Notre « prise de conscience » s’appuie sur deux facteurs déterminants : la perception et la pensée. Si nous sommes en état de veille, nos « sens » (vue, ouie, odorat, toucher, goût..), nous transmettent des signaux qui seraient en fait inintelligibles si notre cerveau, notre pensée ne mettait une « étiquette » sur les phénomènes perçus. Ainsi une chaise, par ex., perçue par mes yeux ne serait pour moi qu’une forme incompréhensible, si ma pensée analytique n’ajoutait le « concept chaise ». C’est donc la jonction de la perception et de la pensée qui me révèle le sens de ce que je vois. Et tout phénomène de « prise de conscience » s’appuie obligatoirement sur ces critères.
Une des conséquences normales de ce phénomène, est que, dans la vie de tous les jours, notre « prise de conscience » s’étend à un nombre sans cesse croissant de perceptions qui sollicitent notre pensée, pour être comprises. Ce nombre incalculable de perceptions de toute nature, qui captent non seulement notre environnement mais aussi notre espace intérieur (nos sentiments, nos émotions, nos états d’âme ), sollicitent constamment notre activité pensante et marquent de leur empreinte notre être profond . Notre conscience évolue de la sorte et s’enrichit au fil des années, nos impressions s’accumulent dans l’espace de notre capacité du « souvenir » : notre conscience d’enfant n’est pas la même que notre conscience d’adulte…Elle n’est pas la même à 20, 40, 60, 80 ans…Notre état de conscience évolue sans cesse au courant de notre vie, nos expériences se diversifient et se multiplient.. Nous sommes capables de mûrir , de changer nos comportements, de devenir plus intelligents et d’un point de vue philosophique, parfois plus sages . Un des buts de la vie consisterait-il à vivre des expériences de réussites, d’échecs, de joies, de peines…pour apprendre et changer c. à d. élargir constamment notre champ de conscience ?
Notre société occidentale essentiellement matérialiste, se définit comme « scientifique » et s’affirme par deux axiomes :
- la seule réalité est la réalité physique, matérielle,
- toute réalité physique s’appuie sur des lois qui expliquent la genèse et le fonctionnement des êtres et des choses.
Dans cette approche, toute réalité spirituelle est exclue, car elle n’appartient pas au domaine du visible. L’histoire de l’univers et du monde en particulier, doit dès lors être explicable « matériellement et scientifiquement ». Les spécialistes parlent du « big bang », d’une sorte d’explosion originelle qui aurait mis en route une évolution dont l’aboutissement serait notre terre actuelle avec sa faune, sa flore et tous les règnes de la nature qui incluent aussi l’homme. Le tout serait le résultat d’une dynamique que le grand scientifique et prix Nobel, Jacques Monod, définit comme celle du « hasard et de la nécessité ». Dans cette perspective, « l’ours blanc » est devenu ce qu’il est, parce qu’une « suite de hasards » aurait fait que ses gènes se sont structurés pour aboutir à ce que nous appelons « ours » et s’il est de couleur blanche , ce serait par « nécessité », car cela s’avère utile d’être blanc, pour une bête vivant dans le grand nord ... Il ne s’agit, ici, nullement de contester le bien-fondé de la thèse de J. Monot, pour affirmer une opinion « anti-évolutionniste ». Mais cette assertion suffit-elle vraiment à assouvir notre curiosité, répondre à nos questions et à notre désir de vouloir comprendre ? Quand nous songeons à l’extrême complexité de notre propre être, cette explication nous suffit-elle ? Combien de « hasards et de nécessités » se sont succédés pour « construire » ce que je suis ? Si l’être humain n’est que le résultat des effets conjugués du hasard et de la nécessité, comment saurait-il se percevoir et s’affirmer comme un être responsable et libre ? La science nous apprend que tout s’explique par des causes et des effets. Les œuvres de nos plus grands artistes sont le résultat d’une volonté créatrice et d’une vision préliminaire imaginative de l’artiste. Comment admettre que les merveilles de nos cultures ne seraient que l’aboutissement d’un enchaînement de hasards et de nécessités ? Notre bon sens et notre raison refusent de le croire. Devons-nous accepter sans discernement toutes les thèses et assertions dès lors qu’elles proviennent d’autorités scientifiques ? Ou encore dans un autre contexte que représentent les médias, dont l’influence est aujourd’hui prédominante, devons-nous nous aligner sur telle ou telle opinion ou affirmation ? Un exemple parmi d’autres : quand plusieurs accidents d’avions se suivent, les journalistes parlent de la « loi des séries »…Cela a-t-il vraiment un sens ? C’est un peu comme si on parlait de « la loi du destin »…La définition de « loi » dans ce contexte, selon le Larousse est : « ce qui impose un évènement ». Or, si on reste dans un contexte purement matérialiste et scientifique, il faudrait fournir, dans ce cas de figure, une explication sur la signification véritable de ce « ce » quelque peu mystérieux qui impose par ex. la fatalité liée à une succession de catastrophes aériennes…Comment cela est-il possible, tout en restant dans la réalité physique, tangible et vérifiable : on est là devant une impossibilité flagrante ! Mais cela est tellement rassurant de fournir une « explication », même si elle est vide de sens…
A partir de telles petites expériences de la vie, nous pouvons « tester » notre niveau de conscience pour aborder les êtres et les évènements en profondeur. Restons-nous en « marge », à la surface des êtres et des évènements ou notre conscience nous pousse-t-elle plus loin, pour chercher la vérité, à la lumière de notre propre intelligence, notre bon sens, notre capacité de jugement ?
Tout ce qui s’est passé dans l’histoire des hommes peut être analysé sous l’angle de la conscience des peuples, des individus. Si nos comportements ont changé au courant de l’histoire c’est parce que notre niveau de conscience a évolué au fil du temps, au contact d’expériences nouvelles, par l’acquisition de connaissances nouvelles, grâce notamment à nos propres études sur des sujets divers. A l’opposé nous pourrons trouver des niveaux de conscience qui stagnent ou régressent, par ex. dans toutes les formes d’intégrisme, de fanatisme, de conservatisme, dont nous mesurons aujourd’hui les dangers.
Nous avons essayé d’esquisser, très brièvement, l’importance du « niveau de conscience » dans l’évolution des sociétés et de chaque individu en particulier. Un des domaines les moins « explorés » aujourd’hui est celui de « l’expérience humaine intérieure ». Dans notre monde matérialiste, tout est axé sur la vie extérieure, physique, matérielle. D’innombrables publicités, émissions télévisées, publications diverses se consacrent à « l’aspect physique » des choses et des êtres humains. La beauté, le maintien de la jeunesse, la séduction physique sont autant de thèmes proposés pour vendre des produits commerciaux de plus en plus « performants » ! Au-delà des instincts primaires et des émotions basiques, superficielles utilisées à seule fin de pouvoir « vendre », la vie intérieure humaine n’est guère sollicitée et encore moins nourrie...
Hors « l’introspection philosophique », souvent livresque, on s’interroge très peu sur notre vie intérieure, c. à d. sur notre espace personnel, subjectif : « notre âme ». Or, la « prise de conscience » ne concerne pas seulement notre vie et nos perceptions extérieures, mais aussi notre vie et nos perceptions intérieures… Avons-nous déjà vécu l’expérience de ces dernières ? Le grand philosophe, penseur et ésotériste autrichien Rudolf Steiner (1861-1925) a consacré sa vie à cette recherche. Son œuvre immense et son enseignement sont aujourd’hui accessibles à tous. Il propose, entre autres, un chemin initiatique où, en toute liberté, chaque individualité peut découvrir sa dimension intérieure, sa véritable nature et accéder à des dimensions fermées à la seule approche matérielle. Chacun peut faire l’expérience personnelle de l’existence d’autres « espaces » que celui de la matérialité. Car pour connaître les dimensions spirituelles, il faut pouvoir en faire personnellement l’expérience, sinon tout reste pure théorie. R. Steiner propose des moyens d’investigation du monde spirituel qui ouvrent la voie à de nouvelles connaissances. Les perceptions et pensées focalisées sur notre dimension intérieure, élargissent et enrichissent progressivement notre champ de conscience . L’être humain fait alors l’expérience que derrière le monde matériel physique existe un monde « spirituel » qui le génère et l’anime. Cette « découverte personnelle » changera son point de vue habituel, ouvrira sa conscience à d’autres réalités, d’autres vérités plus importantes. Grâce à sa conscience élargie, il pourra trouver les vraies réponses à ses questions existentielles. Sa vie quotidienne en sera changée et prendra un nouveau « sens ».
R. Steiner, par son enseignement connu sous la dénomination Anthroposophie, nous rend attentifs à la nature profonde de notre être, qui est d’essence spirituelle. Pour tous ceux et celles qui sont en recherche pour trouver le sens de la vie, de la mort, de la nature véritable de l’être humain, de celle de la liberté, de la dimension christique dans l’histoire et l’évolution humaine, l’œuvre de R. Steiner peut être un grand enrichissement.
Il existe le site radher.free.fr ( « Anthroposophie et Christianisme ») qui offre la possibilité d’approcher, en toute liberté, les questions soulevées dans le texte ci-dessus. Un élève proche de R. Steiner, le Dr.H.E.Lauer a consacré un grand nombre d’ouvrages qui soulignent l’utilité de l’Anthroposophie pour analyser les causes des difficultés de notre temps et proposer des voies nouvelles pour essayer de trouver des solutions adaptées aux problèmes actuels. Car il faut vraiment une nouvelle « prise de conscience » pour comprendre ce qui se passe dans le monde, connaître l’être humain dans sa totalité de corps physique + âme (vie intérieure) + esprit (sa pensée) et construire une société adaptée à ces réalités. Pour sortir de l’impasse d’une vision matérialiste et inhumaine de notre société, il faut faire l’effort d’une nouvelle prise de conscience. Il s’agit d’un parcours personnel, basé sur la liberté individuelle et la volonté de « dépassement » dans tous les sens du terme. Aller au-delà de sa nature physique pour découvrir ses racines véritables qui sont de nature spirituelles.
Posté le 18.05.2007 par spiritualite
A propos…Foire des livres, forum de toutes les idées ?
Une « foire des livres » est, au-delà de l’aspect purement commercial, un évènement culturel important. Découvrir les ouvrages récents, rencontrer les auteurs connus grâce aux médias, peut être passionnant. Echanger quelques propos avec eux, obtenir une petite dédicace du livre acheté, reste un souvenir sympathique. Mais les moments les plus précieux sont souvent ceux des conférences et des débats publics proposés lors de ces foires. Entendre et voir les auteurs exposer leurs points de vue sur des sujets actuels, notamment les problèmes de société, ouvrent des perspectives sur les mentalités actuelles. Les livres proposés ne reflètent-ils pas « l’air du temps » ?
Une des conférences fut assez originale, car il s’agissait d’une conférence « en duo » des frères Kahn (Jean-François K., le journaliste et fondateur de « Marianne » et Axel K. le « scientifique »). Le thème choisi était assez classique : celui du progrès…Les conditions et les limites du progrès… Le progrès « pour ou contre » l’homme ? Les deux frères, alternativement, proposèrent donc leurs points de vue : J.F.K. toujours véhément et passionné, soucieux de défendre la liberté et la dignité humaine…Axel K. donnant son point de vue scientifique et rationnel. Les avis croisés furent complémentaires, les deux frères proposant une analyse pluridisciplinaire des notions d’évolution et de progrès. Il en ressortait finalement que l’évolution impliquait le progrès, mais que ce dernier était relatif : ce n’est que dans une finalité profitable à l’émancipation de l’être humain que le progrès a un sens, sinon il devient une aliénation. Entre autres exemples, le problème des manipulations génétiques (OGM) devra être analysé et jugé afin de définir, tous critères confondus, la part de risques encourus ou d’effets bénéfiques pour l’humanité.
Dans une autre conférence tenue le lendemain , sur le thème « l’homme, ce roseau pensant… » Axel Kahn rappelait que « l’Homo sapiens » que nous sommes tous, présentait une « affligeante banalité biologique et génétique » (notre proximité avec les grands singes, sur le plan génétique, étant de 98,7%.. !) Restent les 1,3% qui font que l’homme est une créature spécifique et toujours étonnante qu’il est difficile de réduire à la seule matérialité. Comment comprendre les sentiments humains, l’idée de transcendance, le besoin de bonheur, d’amour, de liberté, de sacré et de tout de qui constitue « le propre de l’homme », en réduisant « ses états d’âme » à des phénomènes d’ordre purement naturel, physique ? Selon l’approche d’Axel K. on peut être admiratif, mais il faudrait se garder de tirer des conséquences trop hâtives quant à une éventuelle transcendance de l’être humain. On retrouve là une attitude classique du scientifique matérialiste honnête, « réaliste et prudent », condamné à un jugement qui ne peut qu’osciller entre « l’admiration, la volonté de vouloir comprendre et de douter continuellement ». On peut dire que l’approche de ces thèmes par Axel K. reste assez révélatrice du caractère quelque peu dogmatique des scientifiques de notre temps. Axel Kahn se dit « matérialiste » tout en reconnaissant que jusqu’à un passé pas tellement éloigné, les scientifiques n’étaient nullement opposés à une idée d’une transcendance possible, à l’existence d’une spiritualité…
N’est-il tout de même pas curieux que les scientifiques ne s’interrogent pas davantage sur les « 1,3% » qui font que l’être humain est l’Homo sapiens, ce « roseau pensant » qu’Axel Kahn évoque dans son livre.. et non « un grand singe » ?…Si le cerveau physique génère vraiment les pensées, le cerveau des grands singes devrait aussi en générer ! Or, cela reste à démontrer, car à ce jour, il n’existe pas de singe philosophe ou écrivain ! La génétique suffit-elle à expliquer le mystère du « penser » humain ? La pensée est-elle vraiment « fabriquée » par le cerveau physique humain ? L’homme génère-t-il des pensées ou les « reçoit-il d’en haut », comme l’entendait par ex. Platon qui parlait d’un « monde des idées » où l’être humain pouvait les puiser, pour en faire « ses idées » ? Dans cette hypothèse les idées ne seraient pas d’essence matérielle mais spirituelle et l’homme capable de les « capter » devrait avoir au moins une « certaine affinité » avec « ce monde spirituel où il puise ses idées »…Pourquoi une telle hypothèse serait-elle moins valable que celle qui décrète que le cerveau génère les pensées ? A ce jour la science sait que le cerveau humain émet des ondes mesurables, d’amplitudes variables selon les individus…Mais il n’est pas prouvé, par là, que ces ondes soient les pensées elles-mêmes quant à leur contenu ! On sait que l’être humain peut, par son « activité pensante », « avoir des idées », il peut « chercher et trouver parfois de bonnes idées ». Reste la question essentielle : est-ce vraiment lui qui génère ces idées ou « s’ouvre-t-il à elles » ? Le fameux « Eureka » aurait alors la signification de « j’ai trouvé la bonne idée ! » dans le « monde des idées » tel que l’entendait Platon… !
Le débat reste ouvert : et si le cerveau, telle une radio, qui transmet les ondes mais ne les génère pas, ne faisait que « refléter, transmettre des réalités spirituelles hors des contingences matérielles ? » Cela pourrait aussi être une possibilité !... N’est-il pas curieux que les scientifiques, qui par définition, devraient être ouverts à toutes les hypothèses, se ferment à cette dernière, par une vision unilatéralement matérialiste ? L’approche matérialiste définit-elle toute la réalité ou n’en décrit-elle qu’une partie ? La « vérité scientifique, basée sur le matériel » est-elle l’entière et l’unique vérité ? La réalité se limite-t-elle vraiment à celle du monde matériel physique ?
Autre conférencier, autre thème : le philosophe Luc Ferry sur le thème de son livre « Familles, je vous aime ». Dans un premier temps il expose la notion de famille et du sens du mariage au cours de l’évolution sociologique. Autrefois défini comme une association d’intérêt de groupe, de puissance, le mariage d’amour, tel que nous le concevons de nos jours, est une résultante d’une réforme sociale profonde, celle de l’accès au salariat. Par le salaire, l’individu accède à une forme d’autonomie qui lui permet d’échapper à la pression communautaire, lui conférant une nouvelle liberté : celle de se déterminer selon ses sentiments, ses choix. C’est l’accès possible au « mariage d’amour »…
Luc Ferry explique alors que les grecs avaient trois termes distincts pour la notion « amour » : « Eros » (l’amour physique pulsionnel, sexuel), « Philia » (l’amour « sentimental ») et « Agàpe » (amour transcendé, l’amour fusionnel total). Aujourd’hui une union se fait en toute liberté, par affinité, par « sentiment », ce qui amène aussi une possible précarité du couple, qui n’est plus soumis, comme jadis, à une quelconque contingence pécuniaire ou à une dynamique d’appartenance à une communauté, à un groupe. Ce qui induit aussi conséquemment la possibilité de séparations, de divorces…On sait qu’actuellement en France, un couple sur deux divorce à plus ou moins brève échéance …
Puis Luc Ferry arrive à la notion et à la valeur de la famille d’aujourd’hui. Il constate que la famille moderne constitue l’ultime lieu « sacralisé » pour lequel l’homme contemporain serait prêt à se sacrifier. Alors qu’autrefois les hommes étaient prêts à mourir pour leur Dieu, leur foi, leurs croyances… par la suite pour leur patrie, leurs convictions politiques, leurs idéaux, l’homme d’aujourd’hui « sacralise son enfant »… Que l’enfant soit de caractère « facile ou difficile », « qu’il soit gentil ou exaspérant », nous l’aimons au point de lui sacrifier, si besoin en était, notre propre vie. C’est « l’enfant-roi ». Et Luc Ferry souligne qu’il ne s’agit là d’aucun réflexe individualiste mais plutôt d’un nouvel humanisme mettant la personne au centre de toutes les valeurs autrefois attribuées à la religion ou à l’Etat. Il poursuit en soulignant que lui-même n’avait fait cette expérience du sentiment paternel inexplicable que la quarantaine passée…Son livre repose donc entièrement sur son expérience personnelle. Cela est sympathique et – de l’aveu même de Luc Ferry, complètement irrationnel ! Voilà qui est quand même intéressant pour un homme qui se dit « non-croyant et rationnel » !
A la fin de la conférence, Luc Ferry propose un débat, un échange d’idées… Un intervenant soumet les remarques suivantes :
-Revenant sur la notion de « mariage d’amour » et sur la remarque de L.Ferry qu’un mariage sur deux est actuellement voué à l’échec, se pose la question si cet échec n’était pas dû en partie, au fait que la notion d’amour se déclinait aujourd’hui souvent dans la seule définition « d’Eros » au lieu d’y associer progressivement celles de « Philia » et « d’Agàpe »…Un amour fondé uniquement sur Eros (c. à d. seulement sur la sexualité) n’est-il pas forcément condamné à l’échec, à long terme ?
-réponse de L.Ferry : la remarque sur l’insuffisance de l’amour uniquement basé sur « Eros » est pleinement justifiée et lui rappelle « une des plus belles encycliques du Pape Jean-Paul II sur l’amour humain ». Dans cette encyclique le Pape écrit que l’amour humain doit s’efforcer de dépasser le stade de l’égoïsme limité et enfermé dans la seule dimension physique de l’amour, pour tendre vers « un amour total, vers Agàpe », selon le terme grec…
-La « sacralisation de l’enfant » n’est-elle pas due d’une part au fait que l’enfant est vécu par ses parents comme leur « prolongement » (on se « retrouve » dans « son » enfant), et d’autre part au fait qu’ils y « trouvent » le miroir de leur propre transcendance ? Cette disponibilité « sacrificielle » des parents pour leur enfant n’est-elle pas un indice de la nature « sacrée » de l’être humain ? Cet être humain dont l’enfant leur renvoie leur propre image .. ?
Luc Ferry ne considère pas l’enfant comme un prolongement de soi-même.. Le besoin de le sacraliser s’inscrit dans une « attitude parentale spécifique », dans une disponibilité au sacrifice propre à l’être humain…Ce qui, apparemment, ne s’explique pas, donc reste irrationnel !
Puis l’intervenant conclut : « l’amour désintéressé pour ses enfants dont vous avez parlé dans votre conférence, ramène à mon souvenir une phrase du grand penseur Rudolf Steiner qui a dit que l’homme aura beaucoup progressé le jour où il aimera toute l’humanité comme il aime ses propres enfants ».. Luc Ferry approuve la belle phrase qui étend la qualité de l’amour parental, dans un lointain avenir, à toute l’humanité.
Ce qui est rapporté ici, pourrait être d’un intérêt simplement anecdotique. Ce qui, par contre, semble plus intéressant, c’est le « phénomène culturel » lui-même. Un journaliste, éditorialiste comme J.F.Kahn, un scientifique comme Axel Kahn, un philosophe comme Luc Ferry veulent « comprendre l’homme, la société, les enjeux et problèmes de notre temps ». Et chacun pousse son analyse jusqu’aux extrêmes limites de ce qui est possible par l’approche physique, matériel…Mais finalement tous les trois aboutissent à des hypothèses, où tout devient assez « cérébral », abstrait et finalement très subjectif. On se donne l’illusion d’avoir compris …Tout semble assez simple.. Mais la vie et les problèmes de la vie ne se conjuguent-ils que sur une approche matérielle, physique ? Notre activité pensante qui est la source même de notre connaissance, se réduit-elle à une activité purement physique ? Penser, ressentir, vouloir, ne participent-ils pas essentiellement de la « vie intérieure de l’individualité humaine », qui échappe à l’approche purement rationnelle ? Peut-on réduire ces activités à leurs seules dimensions physiques sans en altérer leurs véritables contenus ? Le « miracle homme » , ces 1,3% qui différencient l’être humain de son « proche parent » que semble être le grand singe le plus évolué, n’est-il que l’aboutissement du « hasard et de la nécessité » (tel que le proclamait J. Monot) ? Aujourd’hui on est, à juste titre, curieux de tout, on a accès à une multitude de connaissances, mais souvent on ne s’étonne plus des phénomènes qui nous sont les plus proches ! Notre état de conscience, notre possibilité de connaissance, notre « être » ne reposent-ils pas essentiellement sur notre aptitude à pouvoir « penser »…Que savons-nous sur la nature véritable de notre pensée, cette pensée sans laquelle « nous ne serions pas » ? Et si la pensée était « la clef d’accès » à la compréhension de notre véritable être et pouvait nous prouver notre transcendance par rapport au seul monde matériel ?
Le penseur visionnaire Rudolf Steiner (cf. le site radher@free.fr) avait prévu, dès l’aube du 20ème siècle, les dérives d’une société engluée de plus en plus dans le matérialisme. Son enseignement qui analyse l’être humain dans sa complexité et le définit comme un être essentiellement spirituel, expose clairement où résident les racines des problèmes de la société actuelle. Si l’être humain s’éloigne de sa véritable nature, en s’immergeant complètement dans une vision matérialiste, il se trouvera confronté à une multitude de problèmes qui lui apparaîtront comme insolubles. Le matérialisme unilatéral qui domine pour une large part la société d’aujourd’hui, devrait nous réveiller à notre véritable nature, notre être profond. Ce sont précisément les nombreuses difficultés, les crises d’une société qui ne trouve plus ses repères, qui devraient nous faire réfléchir… En refaisant confiance à notre capacité de penser, de réfléchir, nous nous poserons de nouveau les questions que des générations de penseurs et de savants se sont posées à travers les siècles : qui suis-je vraiment ? Quel est le sens de ma vie ? La mort est-elle la fin de mon existence ou n’est-elle qu’une étape de mon développement ? Le matérialisme n’est-il qu’une illusion ? L’éternelle question « être ou ne pas être » peut aussi se poser ainsi : l’être humain est-il d’essence spirituelle (donc éternel parce que non soumis à la finalité matérielle) ou matérielle (donc limité dans le temps et l’espace) ? L’enjeu est important et mériterait qu’on y réfléchisse !...L’œuvre de Rudolf Steiner peut, dans cette recherche, être d’une grande utilité.
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Posté le 28.04.2007 par spiritualite
[FONT=Optima][SIZE=14][COLOR=purple] Liberté, égalité, fraternité…Les idéaux
républicains sont-ils des fictions ?
Le 26 août 1789 l’Assemblée nationale constituante avait voté un texte « solennel » intitulé « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ». Cette proclamation révolutionnaire fut placée en tête de la Constitution française de 1791…Parmi les 17 articles mentionnés, on note « les principes de 1789 » dont l’un évoque « l’égalité politique et sociale de tous les citoyens »…un autre encore « le respect des opinions et des croyances » ou encore « la répartition équitable des impôts consentis librement par les représentants du pays »…Le contenu de la Déclaration des droits de l’homme se « popularisa » immédiatement sous la forme « d’idéaux républicains : liberté, égalité, fraternité.
La France, à juste titre, est très fière de « ses idéaux » et depuis l’avènement de la République, chaque homme politique se pose en « défenseur de la liberté, de l’égalité et de la fraternité ». Ces idéaux sont-ils vraiment appliqués dans la vie citoyenne ? Une vision rapide semble le confirmer…Existe-t-il un pays où l’on serait plus « libre » qu’en France ? . Certes, non. Plus « égal » ? La réponse ne peut être que circonstancielle et très nuancée.. Sommes-nous plus « fraternels » en France ? Il existe heureusement des initiatives privées remarquables qui font l’honneur de la France tels « les restos du cœurs », « les Compagnons d’Emmaüs », « le secours catholique » etc…Poussés par les citoyens qui sont autant d’électeurs, les hommes politiques doivent aussi engager l’Etat dans les actions et aides sociales, à telle enseigne que les choix budgétaires sont souvent l’objet de confrontations passionnées. Selon leur « couleur politique », les responsables seront accusés de faire « trop » ou « pas assez de social » ! Il suffit de suivre les débats politiques actuels autour de l’élection pour la Présidence de la République !
Mais ces discussions se prolongeront certainement bien au-delà de l’échéance électorale…Les questions sociales ne sauraient être réglées de manière purement « technique » par des engagements seulement financiers. Le problème est plus vaste et bien plus profond.
Rudolf Steiner (se référer au site http://radher@free.fr) fut le premier à aborder ces problèmes sous un angle vraiment nouveau. Dans son enseignement, il a souligné que l’être humain n’était pas seulement un être physique, matériel, mais qu’il avait aussi une « réalité intérieure (son âme, son espace d’émotions) » et une « réalité spirituelle, transcendante (sa pensée, son espace de réflexion) ». Ce n’est qu’en intégrant ces « paramètres », qu’on arrivera à comprendre l’être humain et ses besoins réels. Partant de là, Rudolf Steiner a ouvert une multitude de « pistes » pour solutionner les divers problèmes sociaux, en soulignant toujours « qu’il n’existait pas une solution définitive pour tous les temps et tous les lieux. Les solutions devront être diversifiées géographiquement, historiquement, socialement. En étudiant l’Anthroposophie fondée par Rudolf Steiner, patiemment, en profondeur, sans préjugés (mais en gardant son propre jugement), on peut vraiment découvrir des points de vue d’études passionnants qui nous poussent à réfléchir… Car ce n’est qu’à partir de la réflexion, que l’on peut aboutir une action ciblée et efficace.
A titre d’encouragement à l’étude de l’œuvre de Rudolf Steiner, reprenons, dans le cadre de cet article sur les « idéaux républicains », les trois « piliers » pour les éclairer, très sommairement, à la lumière de l’Anthroposophie.
Pour Rudolf Steiner (lire son ouvrage fondamental « La philosophie de la liberté »), la liberté attachée à la seule dimension physique est illusoire. Une réflexion personnelle vraiment objective nous prouvera, que dans notre organisation physique nous sommes en faits toujours « conditionnés de l’intérieur comme de l’extérieur », le conditionnement intérieur étant celui de nos émotions, nos sentiments etc.. Nous sommes entraînés, poussés par nos émotions…Ce n’est donc finalement que par sa dimension « spirituelle » (sa capacité de pouvoir « penser ») que l’être humain peut s’exercer à une véritable liberté : celle de choisir personnellement et en toute liberté le motif de sa pensée et y concentrer toute son attention, avec toute son énergie (sa volonté). Selon le degré d’intensité de ce « travail » (car cela suppose un effort personnel !), cette activité sera « une réflexion personnelle », « une contemplation personnelle » ou encore une « méditation personnelle ». Voilà par ex. un exercice personnel où toute individualité pourra faire l’expérience de ce qu’est une vraie liberté !
Sur quel plan se place « l’égalité » ? Les êtres considérés seulement sous l’aspect physique, ne sont jamais égalitaires. Les gènes, l’hérédité, l’environnement géographique etc. font qu’il existe une diversité donc une inégalité. Si on prend cependant en compte la dimension « spirituelle » (la faculté du « penser ») de l’être humain, on retrouve une égalité. En tant qu’êtres spirituels, tous les hommes sont « des esprits qui sont capables de réfléchir ». Il ne faudrait cependant pas confondre la « capacité de réflexion » avec l’approche conventionnelle de ce que l’on entend par « intelligence » ou « QI » ! Les problèmes existentiels sont souvent mieux compris dans le cadre d’une bonne réflexion que sous une optique « intelligente, parfois très intellectuelle, donc abstraite » !
Quant à la « fraternité » cet « idéal » reste souvent assez flou. La « fraternité humaine » est une notion assez aléatoire. Elle peut être abordée sous un angle religieux : les êtres humains sont des « créatures de Dieu » et doivent donc être solidaires. Sous l’angle laïc, la morale républicaine décrète la solidarité humaine comme une base essentielle pour la paix sociale.
Comment peut-on intégrer les idéaux républicains dans le contexte social, en tenant compte de la spécificité humaine ? A partir de son analyse, Rudolf Steiner propose trois pistes. La liberté appartenant au « domaine de l’esprit » , toute organisation sociale doit assurer à tous les citoyens, à tous les individus une « liberté d’esprit totale, inconditionnelle. Cela concerne la liberté d’opinion, de croyance, d’éducation, d’art et tout ce qui est du domaine de la pensée, tout ce qui nourrit ou favorise son développement.
Pour ce qui est de l’égalité, l’Etat doit garantir celle-ci pour la protection de chaque individu. Mêmes droits, mêmes devoirs avec un souci particulier pour les plus défavorisés . C’est le devoir étatique de juridictions et d’exécutifs adéquats.
La « fraternité » est placée, par Rudolf Steiner sous un angle inattendu et spécifique : elle devrait, selon lui, s’appliquer au domaine économique. L’économie devrait être au service de l’homme et subvenir à ses besoins. Au besoin de tous ! Et il devient dès lors évident que l’économie libérale fondée sur la concurrence et la course au profit, ne saurait à long terme exister, sans créer de plus en plus de conflits sociaux. L’accumulation de richesses pour une minorité, l’indigence, la misère pour la majorité, ne pourront contribuer à une paix sociale durable. Rudolf Steiner a souligné que la concurrence, une forme de guerre sociale dans la vie commerciale, était néfaste à l’individu et à la société. Seules la coopération et la collaboration pour des projets communs pour toute la société humaine peuvent contribuer à « fraterniser » les hommes. La seule concurrence « positive » est celle du domaine de « l’esprit » : par une émulation parmi les chercheurs par ex. pour trouver « les bonnes idées », les inventions utiles pour le bien de tous les hommes ! Et les « idées » sont « gratuites » car elles viennent « d’en-haut »… Les « chercheurs » ne pourraient « trouver » sans le « monde de la pensée », qui est d’ordre spirituel.
Nous terminerons ces quelques « réflexions » qui ne prétendent nullement traiter les sujets en profondeur, mais qui voudraient encourager les personnes « pensantes et responsables » à aborder les écrits de Rudolf Steiner, en citant P. Archiati (un auteur anthroposophe qui a étudié à fond l'oeuvre de R. Steiner) qui résume ainsi les thèmes abordés :
" Dans la vie professionnelle d’aujourd’hui, l’homme a surtout besoin de courage, le courage que ne peut conférer que l’amour. Le matérialisme se caractérise par un manque d’amour pour l’homme, car il paye le travail comme une marchandise et de ce fait traite l’homme lui-même comme une marchandise.
L’homme aspire à la liberté pour développer ses aptitudes et il a besoin d’une aide fraternelle pour subvenir à ses besoins. Il vit sa dignité dans l’égalité de tous les hommes. "
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Posté le 25.04.2007 par spiritualite
[FONT=Arial][SIZE=14][COLOR=brown]Nous percevons aujourd’hui, dans tous les domaines de la vie sociale, des crises qui sont autant de symptômes d’un malaise profond. Notre société, souvent repliée sur elle-même, s’est habituée à vivre dans un monde chaotique, de plus en plus inégalitaire et injuste où les richesses se trouvent concentrées dans les pays industrialisés. Le reste de l’humanité est condamné à la malnutrition voire la famine et la misère avec toutes ses conséquences tragiques. Ce contraste terrible s’affirme de jour en jour davantage.
Mais la richesse du monde occidental n’est qu’apparente et cache bien des aspects moins reluisants. Nous ressentons chaque jour que le bien-être et la sécurité sont très fragiles. Aujourd’hui les signes de précarité se révèlent de plus en plus : chômage, exclusions, dangers de régressions sociales. Le libéralisme commercial selon le modèle américain qui prolifère dans le monde, la mondialisation du commerce, présentent de grands dangers s’ils ne sont pas maîtrisés et « humanisés ». Le progrès n’est jamais immoral en soi, il le devient s’il est le prétexte d’agissements qui asservissent l’être humain. Au nom du progrès, on peut utiliser les techniques nouvelles pour instaurer la domination de l’homme par l’homme. Il devient alors une autre forme pernicieuse de « lutte des classes »…
Nous pouvons observer, jour après jour, une société de plus en plus enlisée dans de multiples contradictions. Le modèle de « bonheur proposé » est celui de la consommation à outrance, avec toutes les dérives et frustrations qui en découlent. La motivation de l’homme moderne se résume en peu de mots: « gagner vite beaucoup d’argent pour consommer de plus en plus »…L’argent comme gage de réussite et d’affirmation de soi…Bien des jeunes rêvent d’une telle réussite…Mais cette vision matérialiste de la vie fait des ravages dans toute la société..
L’homme contemporain est souvent dépressif, inquiet, parfois suicidaire.
Il se sent de plus en plus abandonné, « jeté », dans une société qui, dans la course à la performance, n’a apparemment plus le temps, ni la force de s’occuper des « maillons faibles »…
Les religions sont en perte de vitesse. Dans une approche où sciences et foi sont inconciliables, ce sont en définitive les sciences basées sur la réalité matérielle qui emportent toujours la victoire, selon la formule : « il n’y a d’autre réalité que la réalité matérielle ». Dès lors, les religions restent, aux yeux de beaucoup « une invention pour rassurer les hommes qui ont peur de mourir, de disparaître »…Certaines religions, à défaut de pouvoir convaincre, se réfugient dans le dogmatisme, l’intégrisme, parfois la violence.
Il devient alors très difficile de trouver des solutions aux problèmes sociaux, capables de réconcilier tous les hommes. Les hommes ne seraient-ils pas tous semblables ? On a cru, à un certain moment, que les sciences, qui ont une vocation d’universalité, parviendraient à réaliser cet idéal. Il faut hélas, constater que finalement les scientifiques sont « aussi » des hommes, avec leurs faiblesses, leurs limites, leurs contradictions. Ils ne sont pas incorruptibles… Les sciences sont par définition objectives , impartiales… Les scientifiques souvent tributaires d’intérêts économiques considérables, ne s’inscrivent pas toujours dans une dynamique de vérité et de liberté. Il suffit d’observer par exemple les débats concernant les OGM …Les tenants d’ intérêts financiers exercent des pressions violentes, utilisant toutes les stratégies dont des publications « d’experts scientifiques » gagnés à leur cause, pour contrer la très grande majorité de consommateurs opposés à la prolifération d’un produit non testé à long terme et dont les « bénéfices » pour l’homme sont plus que contestables. Une des graves conséquences déjà connues aujourd’hui est la contamination de la culture biologique. On pourrait aussi évoquer les nombreuses et inquiétantes malformations congénitales décelées (en Allemagne) sur le bétail nourri d’aliments comportant des OGM.
On ne peut, évidemment, nier le progrès et revenir en arrière…Les ordinateurs et autres appareils électroniques, par exemple, sont devenus indispensables dans la société d’aujourd’hui. Tout doit aller vite.. encore plus vite..il faut « économiser du temps qui est de l’argent » ! Il faut produire « vite et beaucoup » face à un marché concurrentiel où l’efficacité est le seul gage de survie. Mais tout cela ne fonctionne, bien entendu, que si la « demande » existe…Il faut donc consommer beaucoup, afin que l’on puisse produire beaucoup ! Il faut aussi inventer de nouveaux « besoins » pour pouvoir vendre ! Dans notre type de société, l’individualité n’a de poids, d’existence, que par sa qualité de consommateur. L’idéal de vie proposé « au consommateur » se résume en peu de critères : gagner de l’argent pour consommer de plus en plus de biens et prestations de services de toutes natures. L’économie d’aujourd’hui ne se limite nullement à couvrir les besoins primaires et naturels de l’homme, mais se doit de susciter constamment des besoins nouveaux, créés artificiellement, par les moyens considérables de la publicité. Des budgets énormes sont dépensés pour imposer aux consommateurs de nouveaux produits. Tout cela aussi géré de manière professionnelle et « scientifique ».. !
Un nouveau type de guerre et d’affrontement est né : la guerre économique, au nom du profit et du pouvoir de l’argent. La loi de la concurrence engendre de nouveaux cauchemars pour l’individu : nécessités de qualifications de plus en plus grandes , efficacité, flexibilité, disponibilité constante …Nécessité de s’adapter continuellement aux nouvelles techniques et accepter un emploi qui changera probablement plusieurs fois dans la vie. Telle est la réalité quotidienne à laquelle nous sommes tous confrontés et qui présente tous les symptômes d’une vie sociale menacée de dérives profondes. Notre société est de plus en plus inhumaine. Le monde devient invivable…
Comment rendre notre société plus humaine ? L’évidence est de dire « notre vie sociale ne peut redevenir humaine que si elle est conforme à l’homme ». Ce qui semble a priori une « lapalissade », cache cependant une vérité profonde : la vie sociale contemporaine ne répond pas aux aspirations profondes de l’être humain. L’homme ne se réduit pas à sa seule dimension physique. Il n’est pas seulement « l’animal le plus évolué » dans la perspective darwiniste. S’il n’était que cela, les possibilités offertes par le monde de la consommation devraient le rendre pleinement heureux . Ce n’est pas le cas, les biens matériels proposés ne lui donnent qu’un bonheur très éphémère . Le nombre de personnes souffrant psychiquement augmente sans cesse. Celui des suicides aussi, touchant aussi bien les jeunes que les aînés confrontés au stress insupportable du monde du travail. Cette constatation est plus qu’alarmante.
Non, l’être humain est plus qu’un corps physique : il a ses pensées, ses réflexions, ses recherches existentielles, sa quête de vérité, d’absolu, tout ce que les anciens dénommaient « esprit »… Il a aussi sa vie intérieure, ses émotions, ses joies, ses peines, son besoin d’aimer et d’être aimé, ce qui « l’anime » et que l’on désigne par le terme « âme ». Dans le Nouveau Testament, St-Paul qui connaissait bien la culture grecque, parlait de « l’homme pneumatique » (du grec pneuma = esprit) et « psychique » (psyche = âme). Les anciens savaient que l’être humain était à la fois « corps » (aspect matériel, physique visible) , « âme « (vie intérieure, non visible physiquement) et « esprit » (sa dimension spirituelle, non visible physiquement). C’est dans cette perspective que dans l’Evangile de Matthieu (22/37), Jésus reprend à son compte les termes du Deutéronome pour définir le plus grand des commandements : « Tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
L’Eglise chrétienne primitive admettait donc que l’être humain était à la fois corps, âme et esprit. Ce n’est qu’au Concile de Constantinople en l’an 869, qui opposa l’Eglise de Bysance à celle de Rome que l’être humain fut réduit à ses « composantes corps et âme »..Il s’agissait, à l’époque de désavouer et de faire condamner pour hérésie un des représentants de l’Eglise d’Orient : le fameux théologue et spécialiste du Droit canonique PHOTIOS (820-896). Ce dernier avait dit que l’être humain possède, en plus de son corps, une « âme inférieure » et une « âme supérieure » qui est sans péché…Il reprenait en fait l’idée grecque (reprise comme mentionné plus haut par St-Paul et l’Eglise d’Orient) de « l’homme psychique (= âme) » et de « l’homme pneumatique (= esprit)..Il considérait que cette « âme supérieure » (donc l’esprit) était « sans péché », parce que par nature, elle est spirituelle, donc non corruptible..L’Eglise de Rome prit donc prétexte de la qualification des « deux âmes » par Photios, pour dire que c’était une invention diabolique et souligner que ni dans l’Ancien, ni dans le Nouveau Testament, il n’était question de deux âmes… ! L’idée « d’âme supérieure » (selon Photios), en fait un synonyme « d’esprit », fut condamnée et Photios déclaré hérétique..Le Concile déclara solennellement que l’homme n’était constitué que d’un corps physique et d’une âme. « Exit l’esprit ! »
Au 19/20ème siècle, les sciences ont réduit l’être humain à sa dimension organique physique. Sous cette optique, les facultés du « penser et ressentir humain » ne sont que des émanations, des conséquences de l’organisation matérielle physique… »Les états d’âme » ne sont dès lors que le résultat de processus chimiques complexes de l’organisme…Les psychologues et psychiatres se sont alors spécialisés dans l’étude d’une « âme » qui devenait par là « gérable et influençable » par diverses techniques… « Exit l’âme comme vie intérieure secrète et inviolable » !
Dépouillé successivement de ses composantes « esprit » et « âme », l’homme est aujourd’hui réduit à sa seule existence matérielle. Les conséquences tragiques qui en découlent peuvent se mesurer quotidiennement.
Ce n’est qu’en tenant compte de « l’être humain » dans sa totalité, que nous arriverons à mieux nous comprendre nous-mêmes, par là aussi à être en empathie avec les autres. C’est dans cette approche « identitaire » avec les autres, que se dessineront aussi les besoins sociaux et que pourront être trouvées des solutions vraiment adaptées.
Le grand penseur visionnaire autrichien Rudolf Steiner (1861-1925) a proposé à travers son enseignement une nouvelle image de l’homme. Son « Anthroposophie » ou « science de l’esprit » expose une analyse en profondeur de l’identité et de la vocation humaines. Pour toutes les personnes en recherche, cette approche ouvre vraiment de nouvelles perspectives. Le site http://radher@free.fr va dans ce sens et propose des textes inédits du Dr. H.E. Lauer 1899-1979 (un élève de R. Steiner) qui a consacré une vie entière à se pencher sur les problèmes de la société actuelle. Ses écrits sont plus actuels que jamais !
Posté le 19.04.2007 par spiritualite
Dans son livre "la voie humaine", Jacques Attali fait une analyse détaillée de la crise du monde et des sociétés actuelles. Il décrit toutes les dérives qui mènent à une véritable déhumanisation dans tous les domaines de la vie sociale. Pour remédier à cet état de faits, il propose "les dix chantiers d'une nouvelle social-démocratie"...Les propositions louables qui visent à concrétiser l'utopie "faire en sorte que chacun ait accès au bon temps, à un temps vraiment plein, à la vie devant soi". Selon lui, cela résume la voie humaine..Pour arriver à cette fin, il pense qu'il est indispensable, "d'aider à la naissance d'un gouvernement mondial"...La démocratie déléguerait à une élite gouvernementale mondiale les pouvoirs à cet effet. Selon la formule: "vous vous assujettisez à notre pouvoir et nous nous chargeons de vous rendre heureux, en vous déchargeant de tous vos soucis"...
Voilà une vision bien matérialiste de la nature humaine..!Une véritable "voie humaine" se doit de tenir compte de la nature profonde de l'être humain. qui est spirituelle. Toute tentative contraire à cette réalité, sera condamnée à l'échec...Au début du siècle écoulé, un penseur visionnaire autrichien, Rudolf Steiner, a tenu de nombreuses conférences à ce sujet. Il a fondé l'Anthroposophie (=la sagesse de l'Homme), qui propose une chemin de développement spirituel, qui permet à toute individualité, en toute liberté, d'élargir son champ de conscience. Dans plus de 450 ouvrages, les conférences de Steiner abordent les sujets les plus divers. Une lecture approfondie et critique permet à chacun de se forger sa propre opinion. La vie intérieure de l'être humain se réalise dans les activités du penser, du ressentir et du vouloir qui doivent devenir de plus en plus conscientes pour trouver les véritables solutions aux problèmes actuels.Consulter sur free: http://radher@free.fr
Posté le 19.04.2007 par Thomas
Il existe un site intitulé "Anthroposophie et Christianisme", sur free (http://radher@free.fr), qui trace une vision du Christ très éloignée de celle d'un historien tel Ernest Renan ou encore de celle des représentants du christianisme officiel. Ces derniers se limitent la plupart du temps à esquisser le portrait de "Jésus de Nazareth", l'homme "simple et humble", qui parle souvent par paraboles, s'attirant l'inimitié des religieux officiels. Cette approche "historique et physique" estompe parfois l'essentiel : la dimension cosmique, transcendante de "Jésus-Christ" le ressuscité. Rudolf Steiner, le philosophe et penseur visionnaire autrichien, qui a fondé au siècle dernier l'Anthroposophie ou "science de l'esprit", présente le Christ comme "le centre de tout l'univers" : Il est le "Logos" évoqué au début de l'Evangile de St-Jean, "Il est à l'origine de tout ce qui est, donc aussi de l'humanité, qu'Il accompagne, qu'Il conduit à travers toute l'évolution, toute l'histoire des hommes. Teilhard de Chardin avait, lui aussi, esquissé une évolution initiée et guidée par l'Entité christique.
L'Anthroposophie fondée par Rudolf Steiner est à la fois un enseignement touchant les origines et la nature spirituelle de l'être humain, le sens de l'évolution, la vocation humaine dans son cheminement terrestre et aussi un chemin libre d'initiation, pour toutes celles et ceux qui veulent trouver une réponse à la question essentielle: qui suis-je ? Quel est le sens de ma vie ? L'étude des ouvrages de Rudolf Steiner, qui abordent des domaines aussi variés que l'éducation, la médecine, l'agriculture, le domaine des activités sociales, la Christologie etc...(plus de 450 livres et publications diverses, reprenant pour une grande part, les centaines de conférences publiques tenues par R. Steiner), permet, en toute liberté, une progression vers une prise de conscience sans cesse élargie. Dans un ouvrage fondamental intitulé "La philosophie de la liberté", Rudolf Steiner analyse en profondeur la nature, l'étendue et la fonction de la pensée humaine. Il devient évident (et chaque individualité pourra elle-même en faire l'expérience), que l'être humain ne peut être libre que dans sa possibilité de "maîtriser son "penser" : choisir lui-même librement le "contenu de sa pensée", approfondir ce contenu par un acte libre et volontaire, pour parvenir à une connaissance approfondie des êtres et des évènements.
Loin de toute contrainte, de tout dogmatisme, de toute volonté de domination, Rudolf Steiner encourage chaque individualité à accorder une confiance totale en sa capacité de pouvoir "penser" et "réfléchir", en profondeur et par là , accéder à de nouvelles connaissances. Ces connaissances 'trouvées et mûries" en soi-même prendront pour elle le caractère de "découvertes', de "révélations" qui seront "ses convictions personnelles", ses "évidences" plus convaincantes que toute preuve matérielle tangible. "Plus nous réfléchirons, plus nous prendrons conscience de notre véritable identité, de la signification des évènements qui nous entourent...Nous y discernerons les symptômes des défis de notre temps, les problèmes qui ne pourront être solutionnés que si nous nous concentrons sur l'être humain dans sa totalité : l'être humain est "trinitaire" , il est un "corps physique" + "une âme"(sa vie intérieure, ses sentiments, ses joies et souffrances intérieures etc..) + "un esprit" (sa faculté de se mettre en osmose, par sa pensée, avec les mondes supra-sensibles).
Il devient tout à fait évident, logique, que notre société, à l'avenir, ne pourra changer que par une prise de conscience individuelle, loin de tout "esprit de groupe", de toute influence extérieure. Dans cette approche, toute forme de guerre religieuse sera écartée. Dans l'enseignement de Rudolf Steiner, c'est le Christ qui est fédérateur de l'humanité : "le Christ est mort et ressuscité pour tous les hommes" (donc aussi pour les athées, agnostiques et fidèles d'autres religions). Le "Mystère du Golgotha" transgresse le temps et l'espace, touche l'humanité entière... Le Christ accompagne chaque être humain, quelles que soient sa culture, sa race, sa religion. Et ce cheminement dépasse largement le cadre d'une seule vie humaine...
L'Anthroposophie ne saurait être dissociée du Christ. C'est précisément dans cette optique, que "la science de l'esprit" (une ineptie pour l'approche kantienne "scientifique") devient une réalité. Le livre passionnant de Hans Erhard Lauer, un élève de Rudolf Steiner, intitulé "L'Anthroposophie et l'avenir du Christianisme", décrit le rapport du Christ à l'humanité. L'être humain contemporain, placé dans un monde "scientifique" qui propose des connaissances, éprouve de plus en plus de difficultés à "croire le fait religieux". Le livre magistral de H.E. Lauer prouve que "sciences et spiritualité" sont conciliables, à condition d'avoir la bonne approche.
Ce message veut encourager toutes celles et tous ceux qui "sont en recherche", qui "veulent comprendre" qui s'interrogent sur le sens de la vie humaine, le sens de la mort, de la nature et du sens de l'amour, à lire des ouvrages de R. Steiner (qui ont été traduits dans toutes les langues) . Le site déjà mentionné plus haut (http://radher.free.fr), donne tous les détails sur l'oeuvre de R. Steiner et celle de H.E. Lauer. Il ouvre aussi la possibilité de poser des questions et de faire des commentaires.
"La vérité devra continuellement être annoncée aux hommes sous de nouvelles formes et en d'autres termes. Car les besoins de l'humanité changent d'époque en époque. La nôtre réclame une révélation nouvelle, une expression nouvelle de cet évènement décisif pour toute l'évolution : l'évènement christique. C'est cette nouvelle forme d'annonciation que l'Anthroposophie souhaite apporter". Rudolf Steiner
"Il est à espérer que, si loin que puisse aller l'humanité sous l'influence du matérialisme, dans le rejet des anciennes représentations du Christ, la nouvelle science spirituelle rendra le Christ à l'humanité. Car cette science spirituelle n'en parle pas par référence à des théories, mais en se souvenant de la parole même du Christ : "Je suis avec vous jusqu'à la fin des temps". Depuis le "Mystère du Golgotha", le Christ est là, autour de nous. Nous pouvons le trouver dans le monde où nous sommes, où Il est présent, non sous une forme physique, mais en tant qu'Entité spirituelle". Rudolf Steiner